Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

05/05/2014

AUBE, la Saga de l'EUROPE : ma campagne européenne I

Je profite de ces Européennes pour expliquer pourquoi je propose AUBE, la saga de l'Europe sur Internet.

 

Lire la suite

27/12/2010

Poètes d'Europe

44 week-ends... 44 poètes venus de tous les pays d'Europe et Ambassadeurs de "Poetas del Mundo", une des plus dynamiques associations au monde consacrées à la poésie, fondée par le grand poète chilien Luis Arias Manzo, avec déjà plus de 7000 membres.

Lire la suite

28/02/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-138

– Je suppose que...

– Foin de suppositions ! Puisque tu veux mettre à l'épreuve mon savoir et mon jugement, écoute bien ma réponse. Tu devras faire la même, un jour, si ton fils t'interroge à ce sujet. Que le nom de ce Muet ait été impur mensonge est la chose la plus facile du monde à comprendre. Il lui a été donné par ses dieux et leurs prêtres. Sa défaite prouve leur insigne faiblesse et leur inanité. D'ailleurs, quand, parlant des Muets, j'ai dit dieux et prêtres, j'aurais dû dire démons et sorciers. Tu aurais trouvé plus vite. Ne t'illusionne pas, si vous avez vaincu, c'est que des dieux plus forts par nature que leurs démons, évoqués par des prêtres plus sages que leurs sorciers, vous prêtaient main forte. Nos dieux n'ont-ils pas prouvé leur supériorité, et nos ennemis ne l'ont-ils pas reconnue, quand ils ont cessé de se battre et se sont rendus, aussitôt leur chef mort. Ils ont tout compris. Les promesses de victoire de leurs soi-disant prêtres n'étaient que mots creux. Les dieux, combattant à vos côtés, avaient résolu leur défaite voire, s'ils persistaient à lutter, leur fin. Il ne leur a pas non plus échappé qu'ils vous avaient donné une vigueur supérieure à la leur, et nimbés d'une aura de victoire, signe tangible de leur perte imminente. C’est notre oeuvre. Nous savons les mots pour attirer leur soutien. Par le canal de nos oraisons, leur force vient jusque dans vos muscles et en déborde comme une cape d'invincibilité. Voici la supériorité de nos dieux et de nos prières, qui donnent à côté de la victoire au combat épouses fécondes, gras bétail, sillons débordant des fruits de la terre.

Il était rare qu'il soit aussi disert. Comme à l'habitude, il n'avait pas manqué de célébrer le rôle et l'importance des siens. Qu'ils tiennent tant à le rappeler n'était pas innocent. Ou ils doutaient de leur puissance, ou elle était quelque peu vacillante... Il s'en souviendrait. En attendant d'en savoir plus, il le flatterait, et l'assurerait de sa piété et de son respect.

– Je sais, voix des dieux. Tous ceux d'Aryana, qu'ils guerroient ou produisent, vous respectent et vous honorent. Moi, ton roi, plus encore.

– Pas encore assez, cependant. Tu as souvent tendance à ironiser... Et il y a ce vieil arrangement du début de ton règne, que tu n'as toujours pas voulu reconsidérer. Écoute ! Regarde le cours de ton destin, vois combien ils te favorisent... Grâce à nous. Nous ne passons pas une journée sans demander pour toi leur bienveillance et leur appui... Réfléchis avec moi un instant. Combien as-tu déjà fait de campagnes ?

27/02/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-137

– Tu le sais aussi bien que moi, tu m'y as accompagné depuis la première. Treize. Oui, déjà treize, et j'en ai ramené chaque fois abondance de butin et de cheptel. Grâce à elles, ma maison est remplie de richesses, mes enclos et mes pâturages de bétail. Tous les miens y ont accumulé beaux bovins, splendides chevaux, solides serviteurs. Le plus pauvre de notre clan passerait pour le plus riche de bien d’autres. Comment oublierais-je le nombre de campagnes qui m'ont tant apporté ?

– Alors, les dieux te favorisent, oui ou non ?

– Thonros m'a favorisé, mais je ne puis en dire autant des Jumeaux de la fécondité. Ils ne m'ont donné jusqu'à présent que des filles. Pourvu qu'en parlant de ce fils à venir, je ne les ai pas irrités !

– Ne t'inquiète pas, si c'est un garçon qui doit t'échoir, même eux n'y peuvent plus rien changer... Si ça doit te rassurer... As-tu bien accompli tous les sacrifices que je t'ai prescrits ?

– Bien sûr ! Cette année, après chaque assaut, je t'ai donné ma plus belle prise sur ma part de butin, pour que tu l'immoles en oblation aux jumeaux et à Bhagos afin qu'ils m'accordent, enfin, un garçon. J'en ai même négligé notre grand dieu Thonros, et délaissé ses autels.

– Tu as vu. Il ne t'en a pas tenu rigueur. La victoire a toujours et sans discontinuer accompagné tes pas. Tu m'as même dit que c'était ta plus belle campagne. Allons ! Thonros sait l’importance, pour un guerrier, d'avoir un fils. Il sait que tu l'élèveras pour en faire un grand ner ghwen, un tueur de seigneurs. Pourquoi se serait-il offusqué ?

– Tu en es bien certain ?

– Enfin, qui de nous deux est prêtre ? Bhagos est, avec Dyeus Pater, le plus puissant dieu. Comme lui, il régit tous les hommes, de quelque caste qu'ils soient, et même ceux qui ne sont pas de notre race. Il est le peseur et le distributeur. Avec lui à ton côté, ton triomphe est inéluctable. S'il s'éloigne de ton flanc et détourne de toi sa face, Thonros lui-même n'y pourra rien. Le sang se figera dans les vaisseaux de tes guerriers. Leurs coups les plus forts porteront moins que des soufflets d'enfant. Aie confiance ! Tu honores Bhagos et Thonros avec une grande et égale piété. La fortune des armes t'a souri. Le bonheur d'avoir un fils suivra.

J'y compte bien ! Oh oui, je compte bien avoir un fils !

22/02/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-132

C'était, pour chaque vers, le même travail d'affinage, en général à plusieurs. Ils s'appliquaient à polir chaque vers, ébarber chaque maxime. Parfois, certaines trouvailles faisaient tant rire leurs auteurs qu'ils n'arrivaient plus à les dire tant ils se pliaient en quatre. Leur rire était communicatif. Toute la troupe les imitait, jusqu'à ce que les poètes improvisés lui demandent de se taire afin de lancer leurs phrases sonores et définitives. Plus drôle encore, parfois, après la crise de rire qui l'avait secoué, un des fins diseurs avait oublié le mot qui l'avait tant amusé, et ses voisins avec lui. Quand cela survenait, le malheureux déclenchait une nouvelle explosion de rire, deux fois plus forte, à ses dépens. Qui se met dans un tel embarras mérite qu'on le moque.
La matinée entière passa ainsi. De temps à autre, un guerrier allait demander au prêtre le plus proche – censé de par sa fonction mieux s'y connaître que lui dans l'art de faire un texte, agencement et mise en ordre des idées et des mots comme l'art de faire une maison est celui d'ordonner les rondins et les lier de glaise – une précision sur l'orthodoxie de son rythme et de ses rimes. Ces poèmes étaient trop triviaux. Ils ne leur répondaient pas, ou par monosyllabes indistincts. À leur grande satisfaction, ils cessèrent vite d'insister.
Le soleil était au plus haut. On s'arrêta pour laisser souffler chevaux, captifs, bétail et se restaurer. C’était des devoirs indispensables, quoique profanes. En restait un autre, sacré, à accomplir. Il fallait enterrer, avec tous les honneurs, le guerrier gisant sous les peaux. La halte, avec son petit talus, deviendrait son tertre funéraire. Les captifs creusèrent une grotte à flanc de coteau. On l’y installerait, debout et face au levant ou au midi dont venaient les ennemis. Avec une telle sentinelle, dont ils éprouveraient la présence mystique, nul ennemi n'oserait s'avancer plus avant, s'il avait su éviter les autres tombes de héros situées plus loin en direction des steppes où ils aimaient à combattre.