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19/06/2011

Poètes d'Europe - Samira Begman (Suisse)

Samira Begman 120.jpgSAMIRA BEGMAN- KARABEG est née en Bosnie et Herzégovine en 1954. Elle émigre en Suisse en 1978 et devient citoyenne de ce pays. Samira a fait des études supérieures d’économie et de tourisme à l’Université de Belgrade. En Suisse, Samira Begman acquiert une vaste expérience dans le domaine de la gestion de patrimoine (dix ans d'expérience). Elle a travaillé comme spécialiste de la sécurité et responsable de la formation des apprentis à l'UBS de 2000 à 2002.

Samira Begman est bilingue. Elle parle l’allemand et le bosnien. Elle se sert du russe et de l’anglais. Elle a été a été comptable dans une importante entreprise russe dont le siège se situe à Zurich.

Samira Begman est une excellente poétesse et traductrice.

Œuvres :

Anthologies et revues

De 1992 à 2010, elle a eu de nombreuses publications dans des journaux et revues suisses et bosniaques.
2004 "le temps du mutisme"
Poèmes, Editions Divan, Suisse
2004 "la bibliothèque des poèmes germanophones"
Editions Realis, Allemagne
2005 "la voix de la nature"
Poèmes, Editions Divan, Suisse
2007 "Mes voisins" 
Poèmes, Franco Pen Verlag, Bonn
2008 ' Femmes pour la paix '
Espace d'art pour la poésie, l'image et la sculpture
Editions Monsenstein et Vannerdat

Livres individuels

2003 „Die Weberin“(la tisserande)
Poèmes, Editions Andrea Stangl, Allemagne
2005 „An der Schwelle / Na pragu“ (sur le seuil)
Poèmes / Pjesme (allemand et bosniaque)
2008 „Zeichen“ (signe)
Poèmes, Littera Autoren Verlag, Schweiz

 

I
SEUL, LOIN DE LA LICORNE

Je fais de mon mieux pour voir son reflet dans d'autres
Alors je démolis et je dilue la nuit,
Je veux être dans leur rêve, dans la pupille de leur oeil
Au cœur de l’identité, au-delà de l'expression
Taillez le mot, le Mot, qui
Éclatera sous le fardeau de l'héritage
Dans une fontaine de voyelles pour que la sagesse
Cachée, dans le moment sacré de création du
Commencement, et dissipera dans mille particules
L’obscurité éternelle, ce mot au sujet de nous.

 

Depuis comme une poussière d'étoile
Moi et la Licorne sommes devenus une
Je trouve par hasard les gens qui
Se ressemblent les uns les autres
Et dont les traits, les caractéristiques
Ne forment séparément plus qu'un seul être
Le seul être qui blesse et
Se consacre à la désolation de sa propre essence
Je suis anxieuse, je ressens un frisson
Quand je vois que ce qui est resté
Des débris de leur vraie nature, et ce qui est resté
Dans leurs âmes, n’est rien
Qu’une danse endiablée d'ombres mortelles.

SAMA, DALEKO OD JEDNOROGA

Nastojim ga u drugima naći
Pa razgradujem, rastvaram noći,
Želim im u san ući, u trešnju usne,
Obilježja identiteta, iza govora
Riječ isklesati onu baš što evo
Zapečaćena nasljeđima pršti
u mlazu vokala da bi se znanje
skriveno, to tajne zametanje
početka u tisuću čestica razišla
davna tama, ta riječ o nama.

Otkad kao zvjezdana prašina
Stopih s Jednorogom sebe
Ja nailazim na ljude koji mi
Se istim onim drugim čine
Koji obiljem svojih obilježja
Raskorijenjeni tvore više bića
Jedne jedine osobe koja boli i
Voli pustoš svakog svog djelića
Osjetim zebnju, strese me stud
Kad vidim, da od onog čime su
Razlistali svoju ćud da ono što
Im se u duši nastanilo nije drugo
Do li mrtvačkih sjena žustro kolo.


II
La Licorne revient

Une Pensée conçue à partir d’un Mot
A suinté dans le Néant
Et l'infini a tremblé.
Mahat Tattva est né.
Moi, séparée de Lui
Consommée par les flammes de la Création
Moi, l’agneau sacrificiel.
Balayé par la tempête du désert de l'illusion
Annihilé par la cruelle Kali Yuga,
Je trace mon chemin
A travers le tourbillon de Désir,
La nuit disparaît,
Le feu meurt,
L'illusion facilite son emprise.
Je pénètre dans le monde du Pouvoir de la Pensée,
Et là je trouve l'amour,
Son appel devient plus distinct.
L'écho m’emporte vers
L'endroit
Où la licorne
Rêve de mon retour.

 

 

Povratak Jednorogu

 

Misao iz Riječi
oplodi Ništa

i beskonačnost uzdrhta.
Rodi se Mahat Tatva.
JA, od Njega se odvojih
i gorjeh vatrom Stvaranja,
ja, svijetu žrtvovana.
Pustinjskom olujom iluzije
zametana
surovom Kali Yuga

brušena;
savladavam vjetrove strasti,
nestaje noć,
vatra stvaranja se gasi
iluzija gubi moć.
Zadirem u svijet Snage misli,
u njemu i Ljubavi,
Njegov zov zvučan biva.
Tim zvukom ja se uznosim
gdje Jednorog
moj povratak sniva.


III
À plus tard

Je lui ai posé
Des milliers de questions,
"Mon cher enfant, des cailloux d'or
Jaillissent soudain de ta bouche ",

Alors il a dit,
' Regarde, ici sont les réponses … "
J'ai regardé,
Et regardé.
Il n’y avait que de l'eau …

Je le sais, maintenant
J’aurais dû m'être jeté à l'eau.

 

 

Kasno je

 

Sa hiljadu pitanja
stala sam pred Njega,
"Dijete, rukohvati klasja
iz tvojih usta pršte",

reče mi,
"Evo, odgovori su ovdje..."
gledala sam,
gledala...
bila je samo voda...

sad znam,
trebalo je zaronuti.

 


IV
Génie

L’éclat dans ses yeux
Reflète la reddition de
L’enfant innocent et inoffensif,
Qui se remplit du désir de vie,
Difficile à maîtriser
En ce jeune âge,
Mais quand l'enfant fait face à l'orchestre
Et avec assurance
Tient la baguette
Et crée un orage de mouvements accomplis
Et que  l'aria divine – une cascade de perles -
Se déverse du ciel
Et le moment où
Avant que le bâton ne soit levé
Il fait une pause
Il se tourne
Il me cherche
Il fait s’arrêter mon coeur
Il fait s’arrêter le temps
Et je me sens
Comment les sons harmonieux
Qui s’élèvent par la corne de la Licorne
Emportent l'enfance
De la caverne tempétueuse
Vers le verger céleste.

 

 

Genius

 

U plamu njegovih očiju,
dijete mi se predaje,
bezazlenoi nespretno
u valovlju življenja
kojeg savladavati
nije naučilo,
ali, kad stane pred orkestar
i samopouzdano

dirigentsku palicu u ruke uzme
a iz nje s ruke mu vične
sijevaju munje
i milozvučna arija - biserni slap
iz svemira izlijevati stane
i onaj momenat, onaj tren,
kad,
prije nego podigne palicu
okrene se
i moj pogled potraži,
zastane mi dah,
stane vrijeme
i ja vidim
kako zvuci harmonije
jedno djetinjstvo
iz pećine nevremena
Jednorogom uzdižu
u nebesko procvjetavanje.

 

14/05/2011

Poètes d'Europe : Dmytro Tchystiak (Ukraine)

Dmytro Tchystiak 120.jpgDmytro Tchystiak est né à Kiev (Ukraine) en août 1987. Poète, nouvelliste, traducteur littéraire (Maeterlinck, Yourcenar, Bonnefoy, entre autres), critique littéraire et linguiste. Après les études de philologie romane à l’Université Taras Chevtchenko de Kiev, il y prépare un doctorat sur Maeterlinck tout en y enseignant le français et la théorie de la traduction. Lauréat des nombreux prix littéraires pour sa poésie et sa prose, dont PIJA en 2008, Oles’Hontchar en 2010. Ses ouvrages ont paru en Allemagne, en Arménie, en Belgique, aux États-Unis, en France et en Suisse. Membre de l’Union nationale des Ecrivains d’Ukraine.

Дмитро Чистяк народився у Києві у серпні 1987 р. Поет, новеліст, перекладач художньої літератури (з останнього – М.Метерлінк, М.Юрсенар, І.Бонфуа), літературний критик, одне слово – філолог. Асистент і аспірант кафедри французької філології Інституту філології при КНУ ім. Тараса Шевченка. Лауреат багатьох усеукраїнських і міжнародних літературних премій, серед яких – PIJA-2008 і Премія імені О.Гончара (2010). Твори виходили друком у Бельгії, Вірменії, Німеччині, США, Франції та Швейцарії. Член Національної спілки письменників України.

 

Traduction de l’auteur

 

Montagnes

 

vois c’est le glaive qui profère la rivière du feu

vers ces ondines enflammées et l’envol des figures orphélines

l’aigle d’armoise trinité de la rose en accords

clairs à la main enchantée où le sang rejaillit tel un rire

à renverser les collines vers les mers desséchées

onde après onde les monts se retrouvent en chantant

ciel après ciel se retrouvent dans ta voix ineffable

morne oiseau ignorant tes clartés éclatées

 

II

 

mais aux confins de ces lunes moroses aux brouillards flamboyants

dans le reflet d’une journée en allée vers l’amen de la source

ombres des pierres tracassant l’eau bleutée ces clochettes

écarlates ces chevaux écarlates à l’envol sur les pousses

premières de blancheur tout déchire ton regard comme une foudre

ô miroitement souterrain comme une lame de rayons entamant

thrènes pour un monde en allée ces fleurs mordorées

ont tissé voix cloche à cloche oh ! si loin !

cloche à cloche ! ou une faux aux collines sous peu enneigées

par un matin chaud d’enfer la rosée triomphante de nuit

la lumière si première est tombée et tu trembles de chœurs

à la source une faible vapeur scintillante et la faux terrassant

la clarté cloche à cloche à ta bouche florissant de quel cri

tout-puissant il te fauche ! il te fauche ! et pourtant

ce regard de bleuet en allée vers le ciel de ce corps vaporeux

à la faux et ces cloches à l’église aux villages des vents

un regard embrassant tout un ciel puis la cloche qui tinte

suspendue et le sang est tombé de la main du faucheur

goutte à goutte sur les pousses si blanches oh ! quel cri tout-puissant l’a fauché sans faucher le regard amoureux oh ! collines

corps à perte de vue blancs si blancs et la cloche appelant

tout un monde vers le bleu du regard éclatant ô mon frère

de passage aux clartés tu me voiles de joie à ta lame de faux

d’un amour à renaître dis-moi si ton chant a duré par la plaie

au regard amoureux mais l’éclat a viré en argent et

les fleurs écarlates ont tremblé crépuscule et ces cloches d’église

te rappellent au portail de ta nuit

 

rien qu’une lame de lumière a suffi

et la voix retrouvée

III

 

déjà le temps est vert déjà la terre

t’appelle sans une issue aux retrouvailles

mais point de deuils où la journée tomba

ces pierres murmurent encore du chant de source

et ces racines qui tremblent de feuillage

sans une issue aussi aux retrouvailles

 

apporte ce songe des pierres des eaux et d’or

aux grands soleils couchés à transparaître

de pleurs de lune encore si ces vergers

paroles troubles cloches à l’unisson

ne sont que songes la terre brûlant de naître

vers les hauteurs

 

горнє

 

I

зрине з меча на розвидень ріка золота

в мерехті білих ундин і в орфеєвім леті на водах

трійцею руж полиновим розкриллям орла

тчеться і тчеться рука ув оберненні божім

кров мою сміхом одмарює море за морем

хвиля за хвилею гори горять і говорять

небо за небом але у ясі неодмінній

тихе пташа повертайся вертайся вертай

 

II

там де зійшовся холодний туман із оглушливим блиском дня криком ріки і камінною тінню на водах там де дзвіночки лілові і коні лілові злітались у сплеск перший ромашковий вицвіт і все! громом! огромом! тільки земля проти ночі палає крізь кригу теплом неохопним ніби зсередини променем ріже і вже поминальну тужбу навзаходи світові тче золотою а птаха все квилить і хвилить оздобу лілову і ріже ріже тихеньке подзвіння ніби хтось косить незбутню траву узимі ранком високої спеки а ще ж непекельно ще росяні трави яса так ніби вперше рекла слово облетом на землю і озираєшся понад рікою на хори косить і косить а ніби нікого випари тіні туману й одміни вихльостом ріжуть і дзвонять! і дзвонять! а дихання часте квітне в обличчя холодною м’ятою Господи крику якого! косить і косить а високо квітне блакитний погляд із тіла імлистого прозір укляк і не може ніяк надивитись на чудо а дзвонить уже над церковцею там угорі за селитьбами вітру туди погляд лиш марева долинає на дзвоні останньому кров із грудей рветься на сині волошки на сині крапля за краплею тільки ж не чує а прозором вись виціловує Господи крику якого уже не волошки тіла без кінця білі-пребілі і падає падає дзвін мов накликає а мева до сині до сині прозором тихий герою з отих що виводять у край животворний там де лиш літо високе з любові з любові спів у полях не заходить на вістрі коси брате речи! вже світло на синяву сходить зі срібла в лілове ніби з волошки зринаєш у вечір у дзвони сільської церковці і догори, догори прозори правдять надію все тільки поруч і сад зацвітає на крайці темрявій дзвони церковці

 

ударили в біле й лілове і повертається

край повертається край

 

III

уже зелені падоли, уже земля

тобі затерпла неодмінно

лиш не жалобою на схилку дня

найменший камінь зазвучав ручайно

а голос кореневий забринів

у листі і в тобі непроминально

 

цей сон камінний водний золотий

візьми зі згаслих сонць у переходи

і ним речи у місячні краї

хай маревом лягли ясні сади

живі слова і тихі благовісти

що розвертають окрик догори

02/05/2011

Poètes d'Europe - Bećir Vuković (Montenegro)

Becir Vukovic 120.jpgBećir Vuković est le 3 avril 1954 à Kolasin. Il a étudié la littérature yougoslave et internationale à la faculté de philologie de Belgrade.

De 1980 à ce jour, il a publié une quinzaine d’ouvrages de poésie, dont plusieurs ont été récompensés par des prix nationaux et internationaux: Il est le rédacteur-en-chef de la revue « Srpski jug ».

Il est président de’'associationdes auteurs serbes du Montenegro et d’Herzégovine, et un membre régulier de MaticaSrpska. Ses poèmes ont été traduits en français, russe, italien, polonais, bulgare, turc et macédonien.

Il habite à Podgorica.

Poèmes traduits en français par Athanase Vantchev de Thracy

 

I.

CE N'EST PAS DRÔLE

Alors Dieu
Entassa
Les nuages
Dans sa barbe et, en guise
D’oreiller, il plaça
Un nuage blanc sous sa tête, et partit
Se reposer.

Bon.
Ainsi fit Dieu.

Tes œuvres sont superbes,
Mais, mon Dieu,
Va, dis-moi donc,
Ce que tu faisais
Avant de créer le monde,
Tournant autour
Du trône, demanda un
Fou sagace.

Pas drôles, tes questions !
J'ai érigé les remparts de l'Enfer,
J’ai forgé des chaudrons et des cuves
Pour ceux qui viendraient poser
Ce genre de questions,

Et il frappa le petit imbécile
Sur la tête.

Caracolant sur les cartes représentant la Terre,
Bondissant
D’un monde à l’autre,
Le bouffon répondit :

Va, vieillard, arrête de maquiller
L’univers.

NIJE SMEŠNO

Ondа Bog,
ušuškаo
oblаkove
po brаdi, umesto
jаstukа nаmestio
beli oblаk, krenuo
dа odmori

Dobro.
Bogаmi imа togа.

Velikа su delа tvojа,
аli, Bože,
de, kаži mi,
štа si rаdio
pre stvаrаnjа svetа,
motаjući se oko stubovа
prestolа, pitаlа prepredenа
ludа.

Nije smešno,
zidаo sаm bedeme pаklа
i kovаo kаzаne i kotlove
zа one koji će postаvljаti
tаkvа pitаnjа,

i pomilovаo ludicu
po čuturici.

Igrаjući po mаpаmа,
skаkućući iz
svetа u svet
ludа odgovorilа:

hаjde, čičа, ne izmišljаj.

II

SAXON

Brskovo,
A été mentionné
Pour la première fois
Dans la Chartes du roi Ouros Ier
En la cité de Ston.

Les terrassiers,
Les mineurs, étaient des Saxons.
Ils jugeaient comestibles les jambes du cheval
Tant qu’il se tient debout. Ils pourraient, en effet,
Les dévorer tous les quatre.

Mais, une fois pour toutes,
Le philosophe allemand,
Wolfgang Overath,
Le chef de fil des pessimistes,
A mis fin
A ce cas de figure.

Y a-t-il des Saxons à présent
Dans les gorges de Tara ?
Oui, bien sûr !

Sont Saxons tous ceux
Dont
Les cheveux roux
Poussent drus sur la tête.
Ceux qui n’ont pas de sourcils,
Qui ont pleins de taches de rousseur
A leurs poignets
Et sur leurs paupières.
Les taches de rousseur sur la peau, sont la marque
Des Saxons.

Quand la neige commence à tomber,
Les Saxons se cachent dans leurs tanières,
Ils ne se fréquentent pas. En Hiver, oh, en hiver
On ne trouve nulle part leurs traces dans la région de Tara.

Les Saxons portent de longs manteaux,
Comme s’ils dissimulaient leurs queues.

Il n’existe rien de moins esthétique
Que les Saxons.

Glose :

La ville de Brskovo qui a prospéré entre 1270 et 1351 et a compté jusqu’à 40 000 habitants, est mentionnée pour la première fois à Ston dans une Charte du roi Uros Ier à Ston. Ston était la troisième ville par son importance, juste après Dubrovnik et Kotor. La ville de Biskovo a été fondée par le roi Uros qui avait épousé Hélène d’Anjou. Cette dernière a été la première femme canonisée par l’Eglise serbe.

SAS

Brskovo,
nа Stonu,
prvi put pominje,
Poveljа Urošа Prvog,

Kopаči,
rudаri, bili Sаsi.
Smаtrаli jestivim noge konjа
dok 'аt stoji, oglođu sve četir'.

Ali, jednom i zаuvek,
nemаčki filozof,
Volfgаng Overаt,
vođа pesimistа,
stаvio tаčku,
nа tаj slučаj.

Imа li dаnаs iko od Sаsа
dolinom Potаrjа.
Bezbeli, još kаko.

Svаko j Sаs
kome divljа
crvenа kosа
rаste uz glаvu,
koje neimа zenice, 
ko j pegаvo.

po zglobovimа
i kаpcimа, kome,
pege, kožu, ispisаle,
Sаs.

Otkаko pаdne sneg,
Sаsi ne izlаze iz rupа,
ne trаgаju se. Zimi o ne
nigde trаgovа Potаrjem.

Sаsi nose dugаčke kаpute,
Kаo dа skrivаju repove.

Nemа niče mаnje estetskog, od
Sаsа.

En savoir plus : http://www.poetasdelmundo.com/verInfo_europa.asp?ID=7170 (en anglais)

23/04/2011

Poètes d'Europe - Stefan Dobre (Roumanie)

Dobre Dan 120.jpgStefan Dobre est médecin et poète

Il a publié son premier volume de poésies Scrisoare pentru Gemeni (Lettre aux Gémeaux) en 2005. Celui-ci a été suivi, en 2006, de Ultraj impotriva proastelor moravuri (Outrage aux mauvaises manières) et en 2008 de La spartul norilor (Quand crèvent les nuages)

Ses œuvres ont également été publiés dans diverses revues roumaines ( Poezia, Climate Literare, Oglinda Literara, Revista Noua, Esteu) et en Pologne (Gadki z Chatki)

Poèmes traduits par Athanase Vantchev de Thracy

 

JE CROIS

Je crois
Que la mer
Est une immense larme
Grosse de poissons et de larmes,

Que la forêt est
Un dense mélange
D’arbres, d’ombres
Et de chuchotements d’amants.

Que le feu couve sur les rochers
Sans qu’apparaissent ses étincelles.

Que le ciel est vaste,
Larme d'enfant
Reflétée dans l’eau,

Que l’amour jaillit
Soudainement!

Eu cred

Eu cred
că marea,
e o mai mare lacrimă
gravidă cu peşti şi lacrimi,

că pădurea s-a-ndesit din amestecul
arborilor cu umbrele lor,
cu şoaptele îndrăgostiţilor,

că focul mocneşte pe pietre
în scântei neaprinse,

că cerul s-a lăţit
de la o lacrimă de copil,
răsfrântă în apă,

că dragostea s-a răspândit,
deodată!

LE MEUNIER

Mon cœur est resté ancré
Entre mes artères et mes veines,
Mon âme tourne
Comme un moulin à vent,
Mélangeant émotions, chimères et
Sentiments.

Morar

inima mi-a rămas ancorată
între vene şi artere,

sufletul meu se-nvârte ca o morişcă în vânt
tritur
ând emoţii, sentimenteşi himere

BOUQUET

Si je vous faisais un bouquet
Composé de cinq saisons :
Mon amour
Et les quatre autres temps de l’année,

Seul mon amour
Vous serait utile !

Buchet

dacă ţi-aş face un buchet
cu cinci anotimpuri:
dragostea mea
şi celelalte patru,

numai dragostea mea
n-ar fi de prisos

La boussole

Partout où tu seras,
Avec mon seul cœur sur ma paume,
Je te trouverai !

Busola

oriunde ai fi,
doar cu inima-n palmă
te-aş găsi !

UniVers

Pour toi, je retenais l'automne en attrapant ses feuilles.

UniVers

Pentru tine, ţineam toamna-n loc prinzându-i frunzele

16/04/2011

Poètes d'Europe : Lupce Zahariev (Macédoine)

Ljupce Zahariev 1201.JPGLupce Zahariev, poème et chanteur-compositeur, est né en mai 1987 à Sveti Nikole, Macédoine
Fonde en 2002 l’Orchestre Rap Haute Tension (en Macédoine)
en 2007, il intègre Vision, Centre de Science-fiction de Macédoine-Macédoine
2009 – Membre d’Esprits en union pour la paix - Inde et de Poetas del Mundo - Chili

Poésies/chansons : Encore une fois, Bon événement, Avenir macédonien, Fanki-fanki, Décadence, Cauchemar, Tic-tac, Différentiel
2009 – poésies sur des thèmes de science-fiction : Illusions Invisibles

En 2008, il dirige la section de musique de Vision - centre de science-fiction de Macédoine
2009, il devient Secrétaire du Comité d'Esprits en union pour la Paix, section Macédoine, ainsi que Secrétaire de l’Ambassade de Poetas del Mundo en Macédoine

Principaux prix :

2008 : Certificat de reconnaissance pour la représentation de la science-fiction macédonienne
2009 : L’association Vision pour la science-fiction macédonienne lui accorde son prix annuel pour le poème « Illusions Invisibles »

Poésies traduites et adaptées par Athanase Vantchev de Thracy, révision par Marc Galan

I

DRAPÉE DANS UNE TUNIQUE D’ANGE

Drapée dans une tunique d'ange,
Tu m’as parlé
De beauté cachée,
De ton amour
Qui ne peut être exprimé
Dans les limites du langage.
Couchée dans mon cœur,
Tu me regardes
Et fais sortir,
Une à une,
Les étoiles qui brillent dans mes yeux,
Tandis que tes yeux
Epousent
Ton si beau sourire
Et laissent loin tes larmes maintenant oubliées.

...Обвиени во ангелска наметка
ти ми кажуваш
за невидливиот свет,
за скриените убавини,
за твојата љубов
што
не ја собира
ни бескрајот на јазикот.
Легнувајќи
во моето срце
се загледуваш во мене
и
ги згаснуваш
една по една
звездите во моите очи
додека твоите очи
заробени
во твојата прекрасна насмевка
ги испуштаат заборавените солзи.

II

CHANSON

J’attends ton SMS sur mon mobile,
Tu m’as dit que les choses iraient mieux,
Que tout serait plus agréable la prochaine fois.
Mais ton absence de message
Prouve
Combien peu tu penses à moi
Pendant que tu reposes tes pieds
Et souris à quelqu’un
Couché à ton côté.

Ја чекам твојата СМС порака на мобилен.
Ти ми кажа
дека ќе биде подобро
и многу поубаво следниот пат.
Но недобиената порака
е симбол
на тоа колку мислисш на мене
додека ги одмараш нозете
и се смешкаш на некој
што
лежи до тебе.

III.

DERRIÈRE LE CHAMP DE L’IMPOSSIBLE

Tu enracineras la corne
Au cœur de l'incertitude
Pour entendre le futur
Derrière le champ de l’impossible,
Puis tu t’élèveras dans l'Univers
Et
Avec des prières passionnées,
Tu mettras à nu mon âme
Et, entre deux feux,
Tu commenceras ton jeu amoureux.

Trois nuits de suite,
Enterrés sous un tertre d’émotions,

Nous nous étreindrons
Et ne nous quitterons plus.

 

L'avenir est loin,
L’un l’autre, nous nous reconnaîtrons
Dans le miroir de la vie,
Et nous nous embrasserons
Avec amour
Suspendus entre deux ciels.


...Ќе го забуцаш рогот
во срцето на неизвесноста,
за да ја слушнеш иднината
позади
полето на невозможноста,
потоа
ќе зачекориш по Вселената
за да со молитви на похота
ја соблечеш мојата душа
и
меѓу два огна
ќе ја почнеш твојата љубовна игра.

Три ноќи по ред
затрупани со емоции
се прегрнуваме
а уште потешко се разделуваме.

Иднината е далеку,
ќе се препознаене себе си
во огледалото на животот
и ќе се исколвеме од љубов
помеѓу две неба...