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09/05/2014

AUBE, la Saga de l'EUROPE : ma campagne européenne III

Bon, j'avais autre chose à faire qu'à polémiquer avec des éditeurs.Je faisais des traductions littéraires, et cela m'occupait. Mais un jour, j'ai eu l'occasion de reprendre contact avec eux. Et, par amusement, j'ai fait parvenir à l'un d'eux mon manuscrit et, le lendemain, celui que m'avait confié une voisine.

Quel chef d'oeuvre était-ce ? Disons, pour ne pas l'accabler, qu'il s'agissait d'une sorte de manifeste où, dans une syntaxe et une orthographe déplorable, cette brave dame expliquait que les gays (mais elle employait à la place tout un éventail d'autres mots peu aimables) lui avaient volé son mari, et qu'il fallait tous les exterminer.

Vaste programme, mais je voulais voir comment un éditeur respectable recevrait l'un et l'autre manuscrit.

Environ un mois et demi plus tard, la dame et moi avons reçu une réponse de l'éditeur. Editeur, je précise bien, qui se targuait dans maints interviews de lire tous les manuscrits envoyés.

Certes, c'était une lettre de refus (comme la mienne), mais je lui ai demandé de me laisser la sienne pour "envisager une nouvelle stratégie d'approche des éditeurs".

Et là, à ma surprise, à part un madame au lieu de monsieur, j'ai trouvé EXACTEMENT la même lettre : malgré la qualité de votre manuscrit...

J'ai su par un ami où l'éditeur-auteur venait régulièrement prendre son petit déjeuner, et je m'y suis rendu. En une quinzaine de jours, j'avais fait sa connaissance. et un jour, innocemment, j'ai parlé de mon travail de correcteur-traducteur. et nous avons, de fil en aiguille, parlé livres.Le lendemain, il m'a enfin dit qu'il était éditeur.

Et le lendemain, j'ai attaqué, bille en tête :

- Tiens, ma voisine vous avait envoyé un manuscrit... l'histoire de son mari que les gays lui ont pris. J'ai vu la lettre que vous lui avez envoyée. Alors, son livre était si bien ? Parce que je vais lui demander.

Il m'avait regardé, l'air ébahi, puis avait éclaté de rire.

- Je vois... Non, son livre est à tous points de vue ignoble, mais elle est plus à plaindre qu'à blâmer.

- Je me disais aussi. Mais il doit y avoir des auteurs de manuscrits bien meilleurs qui reçoivent la même prose de votre part. Un livre sur la préhistoire de l'Europe, par exemple.

- Oui, il était très bon, mais j'ai dû le refuser.

- S'il était bon, pourquoi ?

- Je vais vous donner quelques raisons. Un Français, surtout si c'est un premier roman, ne doit pas proposer un récit ambitieux. Laissons ça aux Américains. En plus, c'était un récit populaire, mais très bien écrit. Quand on écrit pour la masse, il faut pratiquer le style journalistique avec un maximum de clichés. Et enfin, il présentait nos ancêtres comme des gens dignes des grandes civilisations de la même époque, entraînant une sorte de fierté de ces ancêtres plus ou moins mythiques. Mais nous n'avons pas le droit d'être fiers de notre racines. Imaginez, votre ami inventait une sorte de patriotisme européen. On s'est débarassé de "nos ancêtres les Gaulois". Pas questions de retrouver "nos ancêtres indo-européens". Et vous direz à votre ami que son sujet ne sera jamais édité. Ah, s'il avait fait une fresque de ce genre sur les Mayas, les Egyptiens, les polynésiens, et si c'était traduit de l'anglais, nous nous battrions pour l'éditer, mais là, il y choisi le thème qu'il ne fallait pas.

Je ne devais jamais revoir l'éditeur. Ce talentueux auteur-éditeur allait mourir des suites d'une "longue maladie" quelques mois après. 

 

Bon, la fin du synopsis

 

Livre VII (2 volumes) : L'EPOPEE MAUDITE

 

Kleworegs est enfin roi des rois. Et, contrairement à ses prédécesseurs, ne veut être ni un soliveau, ni entrer en conflit avec les prêtres.

Préférant être un roi guerrier, même s'il fait ce dont il a envie, il parvient à régner sans oppositions et voit son royaume s'étendre.

Mais il a gardé une ancienne blessure au coeur. Et quand, à son insu, un de ses amis la ravive, il ne peut lui pardonner.

Et ce conflit va changer la face de sa nation.

 

LIVRE VIII (2 volumes) : L'ENCLUME DU SACRIFICE

 

Le changement prêché par l'ex-ami de Kleworegs devait profiter aux nobles, mais c'est le peuple, et surtout les forgerons, qui s'en sont emparés.

Le conflit entre ceux-ci et les prêtres, très ancien, s'aggrave de jour en jour. Et Kleworegs, tout occupé à sa gloire de guerrier, néglige de régler ou d'apaiser leur conflit.

Les forgerons avaient deux chefs possibles. Il ont choisi le moins bon. Et quand l'autre revient. Il est déjà bien tard. Trop tard ?

 

LIVRE IX (2 Volumes) DISPERSION OU SEMAILLES

 

L'irréparable a été commis. Les forgerons ont fui le royaume après avoir détruit les temples. Kleworegs, devenu vieux, et son fils Swensunus les poursuivent. Mais le chef des forgerons sait se battre et trouver des alliés, des armes et les moments et lieux propices au combat.

Une série de batailles sans vrai vainqueur conduit à la mort de Kleworegs, et le denier combat tourne en faveur du peuple qui a suivi les forgerons.

C'est alors qu'un terrible péril menace la royaume tout entier. Ceux qui se combattaient la veille sauront-ils s'unir contre lui ? Et une fois celui-ci passé, qu'adviendra-t-il de cette union ?     

AUBE, la Saga de l'EUROPE : ma campagne européenne III

Bon, j'avais autre chose à faire qu'à polémiquer avec des éditeurs.Je faisais des traductions littéraires, et cela m'occupait. Mais un jour, j'ai eu l'occasion de reprendre contact avec eux. Et, par amusement, j'ai fait parvenir à l'un d'eux mon manuscrit et, le lendemain, celui que m'avait confié une voisine.

Quel chef d'oeuvre était-ce ? Disons, pour ne pas l'accabler, qu'il s'agissait d'une sorte de manifeste où, dans une syntaxe et une orthographe déplorable, cette brave dame expliquait que les gays (mais elle employait à la place tout un éventail d'autres mots peu aimables) lui avaient volé son mari, et qu'il fallait tous les exterminer.

Vaste programme, mais je voulais voir comment un éditeur respectable recevrait l'un et l'autre manuscrit.

Environ un mois et demi plus tard, la dame et moi avons reçu une réponse de l'éditeur. Editeur, je précise bien, qui se targuait dans maints interviews de lire tous les manuscrits envoyés.

Certes, c'était une lettre de refus (comme la mienne), mais je lui ai demandé de me laisser la sienne pour "envisager une nouvelle stratégie d'approche des éditeurs".

Et là, à ma surprise, à part un madame au lieu de monsieur, j'ai trouvé EXACTEMENT la même lettre : malgré la qualité de votre manuscrit...

J'ai su par un ami où l'éditeur-auteur venait régulièrement prendre son petit déjeuner, et je m'y suis rendu. En une quinzaine de jours, j'avais fait sa connaissance. et un jour, innocemment, j'ai parlé de mon travail de correcteur-traducteur. et nous avons, de fil en aiguille, parlé livres.Le lendemain, il m'a enfin dit qu'il était éditeur.

Et le lendemain, j'ai attaqué, bille en tête :

- Tiens, ma voisine vous avait envoyé un manuscrit... l'histoire de son mari que les gays lui ont pris. J'ai vu la lettre que vous lui avez envoyée. Alors, son livre était si bien ? Parce que je vais lui demander.

Il m'avait regardé, l'air ébahi, puis avait éclaté de rire.

- Je vois... Non, son livre est à tous points de vue ignoble, mais elle est plus à plaindre qu'à blâmer.

- Je me disais aussi. Mais il doit y avoir des auteurs de manuscrits bien meilleurs qui reçoivent la même prose de votre part. Un livre sur la préhistoire de l'Europe, par exemple.

- Oui, il était très bon, mais j'ai dû le refuser.

- S'il était bon, pourquoi ?

- Je vais vous donner quelques raisons. Un Français, surtout si c'est un premier roman, ne doit pas proposer un récit ambitieux. Laissons ça aux Américains. En plus, c'était un récit populaire, mais très bien écrit. Quand on écrit pour la masse, il faut pratiquer le style journalistique avec un maximum de clichés. Et enfin, il présentait nos ancêtres comme des gens dignes des grandes civilisations de la même époque, entraînant une sorte de fierté de ces ancêtres plus ou moins mythiques. Mais nous n'avons pas le droit d'être fiers de notre racines. Imaginez, votre ami inventait une sorte de patriotisme européen. On s'est débarassé de "nos ancêtres les Gaulois". Pas questions de retrouver "nos ancêtres indo-européens". Et vous direz à votre ami que son sujet ne sera jamais édité. Ah, s'il avait fait une fresque de ce genre sur les Mayas, les Egyptiens, les polynésiens, et si c'était traduit de l'anglais, nous nous battrions pour l'éditer, mais là, il y choisi le thème qu'il ne fallait pas.

Je ne devais jamais revoir l'éditeur. Ce talentueux auteur-éditeur allait mourir des suites d'une "longue maladie" quelques mois après. 

 

Bon, la fin du synopsis

 

Livre VII (2 volumes) : L'EPOPEE MAUDITE

 

Kleworegs est enfin roi des rois. Et, contrairement à ses prédécesseurs, ne veut être ni un soliveau, ni entrer en conflit avec les prêtres.

Préférant être un roi guerrier, même s'il fait ce dont il a envie, il parvient à régner sans oppositions et voit son royaume s'étendre.

Mais il a gardé une ancienne blessure au coeur. Et quand, à son insu, un de ses amis la ravive, il ne peut lui pardonner.

Et ce conflit va changer la face de sa nation.

 

LIVRE VIII (2 volumes) : L'ENCLUME DU SACRIFICE

 

Le changement prêché par l'ex-ami de Kleworegs devait profiter aux nobles, mais c'est le peuple, et surtout les forgerons, qui s'en sont emparés.

Le conflit entre ceux-ci et les prêtres, très ancien, s'aggrave de jour en jour. Et Kleworegs, tout occupé à sa gloire de guerrier, néglige de régler ou d'apaiser leur conflit.

Les forgerons avaient deux chefs possibles. Il ont choisi le moins bon. Et quand l'autre revient. Il est déjà bien tard. Trop tard ?

 

LIVRE IX (2 Volumes) DISPERSION OU SEMAILLES

 

L'irréparable a été commis. Les forgerons ont fui le royaume après avoir détruit les temples. Kleworegs, devenu vieux, et son fils Swensunus les poursuivent. Mais le chef des forgerons sait se battre et trouver des alliés, des armes et les moments et lieux propices au combat.

Une série de batailles sans vrai vainqueur conduit à la mort de Kleworegs, et le denier combat tourne en faveur du peuple qui a suivi les forgerons.

C'est alors qu'un terrible péril menace la royaume tout entier. Ceux qui se combattaient la veille sauront-ils s'unir contre lui ? Et une fois celui-ci passé, qu'adviendra-t-il de cette union ?     

07/05/2014

AUBE, la Saga de l'EUROPE : ma campagne européenne II

Je continue mes aventures au pays des éditeurs qui n'aiment pas l'Europe.

Si vous l'aimez, suivez ce blog.

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05/05/2014

AUBE, la Saga de l'EUROPE : ma campagne européenne I

Je profite de ces Européennes pour expliquer pourquoi je propose AUBE, la saga de l'Europe sur Internet.

 

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06/03/2013

Abdijamil Nourpeissov, voix inspirée du Kazakhstan

 

Il y eut un jour et il y eut une nuit, un grand roman tragique sur fond d’ambitions politiques et de catastrophe écologique.

Le dernier ouvrage d’Abdijamil Nourpeissov,  le plus grand écrivain kazakh vivant, proposé pour le Prix Nobel de littérature, vient de sortir en traduction française à l’Âge d’Homme. Cet imposant roman de plus de 500 pages est - au-delà de la poignante et oh combien véridique histoire d’un couple né sur un malentendu et qui souffre, tout au long, de ce péché originel - la véritable révélation des méfaits du régime soviétique et de sa recherche de la productivité à tout prix, tare partagée, d’ailleurs, avec de nombreux autres. Nourpeissov nous montre comment, au nom de cet impératif, des peuples et des terres sont sacrifiés et la nature modifiée, tout ça pour un résultat bien pire qu’auparavant.

Il nous découvre les ressorts d’un système où, pour réussir, un pseudo-savant, qui pourrait faire penser à un Lyssenko, sur des bases prétendues scientifiques, et surtout qui plaisent au Kremlin brejnévien, n’hésite pas à sacrifier sa terre natale. Mais que lui importe si ses copains d’enfance tombent dans la misère, s’il doit sacrifier la femme qui l’aime et qui se rabat, rejetée par lui, sur son meilleur ami. Il obtient tout ce qu’il veut… jusqu’à sa chute.

Il parviendra, malgré tout, à récupérer la femme jadis répudiée, en l’arrachant à son époux. Et il faudra une tragédie où cette femme verra qui est le lâche, qui est l’homme vrai, pour qu’elle se rende compte que, au fond, le destin lui avait choisi le mari qu’il fallait.

Le Kazakhstan, devenu indépendant, se remet maintenant de toutes les blessures infligées à sa terre et à ses hommes au cours du XXe siècle. Nourpeissov nous rend en virtuose du verbe cette époque, comme il l’avait fait dans sa première immense fresque La Sueur et le Sang. Ces deux ouvrages, à qui la traduction a su garder tout leur souffle épique, constituent des chefs-d’œuvre dans la droite ligne de la grande littérature russe.

 

Il y eut un jour et il y eut une nuit – Roman d’Abdijamil Nourpeissov. Editions l’Âge d’Homme. Traduit du russe par Athanase Vantchev de Thracy. 529 pages, 25 €