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26/02/2011

Poètes d'Europe - Vinko Kalinic (Croatie)

Vinko Kalinic 120.jpgVinko Kalinić, poète, journaliste et militant pour les droits de l'homme. Né en 1974 à Split, Croatie.
Il vit dans l'île de Vis, Croatie. Il édite le portail Internet de Moj otok Vis (www.mojotokvis.com).
Il met quotidiennement à jour son journal poétique sur Facebook

http://www.facebook.com/?ref=home#!/pages/Vinko-Kalinic/110184921886

Il est l'auteur de cinq livres de poésie.
Il est vivant, en bonne santé, et il écrit!


Deux poèmes traduits du croate en français par Athanase Vantchev de Thracy, révision par Marc Galan.

 

ALLONS-Y

Donne-moi ta main, allons-y, sortons de ce quotidien banal,
- C'est vrai, nous ne pourrons jamais à nouveau être des enfants
Dont les visages luisent d'une insouciance innocente,
Mais nous pouvons toujours être des personnes
Totalement extraordinaires et sortant totalement du lot,
Nous pouvons toujours quitter les rails et nous évader des routes bien tracées.
Nous pouvons toujours faire, oui, nous pouvons toujours faire
Tout ce qu'un enfant ne pourrait jamais réaliser.

Donne-moi ta main, allons-y, c'est folie de vivre sans imagination,
Nous marcherons en silence, nos visages tournés vers le Soleil
Nous ne suivrons que sa trace et continuerons de nous effacer
Jusqu'à ce que nous disparaissions totalement en lui 
Jusqu'à ce que nous devenions comme le vent, le nuage et la tempête,
Jusqu'à ce que nous arrivions de l'autre côté du monde
Là où le temps n'est pas mesuré par le tic-tac des horloges,
Où tout est dépourvu de sens, là où tout est tissé
Des fibres du pur altruisme, de la plus candide appréhension
Et des croyances humaines les plus intimes.

Viens, donne-moi ta main, allons-y,
Nous ferons tomber les masques et resterons dignes de nous-mêmes
Nous nous coucherons l'un contre l'autre sur le sol nu et muet,
Nous écouterons les silences se multiplier,
Nous saurons comment l'impossible devient possible,
Nous créerons une nouvelle religion, une nouvelle nation, rien qu'à nous,
Son drapeau sera le ciel, son hymne, tes yeux qui ignorent la fatigue,
Je le chanterai sans trêve, chaque jour,
A mi-voix, comme on chante les prières les plus sacrées,
Et nous pleurerons ensemble.

Donne-moi ta main, allons-y, quittons le langage ordinaire,
Laissons vivre libres les mots, laissons-les grandir par eux-mêmes, sans nous,A leur place nos doigts croisés parleront
Par la chaleur de nos paumes, et nous connaîtrons
Avec plus d'intensité et mieux qu'en suivant les leçons de la mousse
Comment le jour se fait nuit et la nuit se fait jour
Tout ce que nous devons savoir, nous le découvrirons
Dans les pulsations de notre sang.

IDEMO

Daj mi svoju ruku, idemo, izađimo iz ove banalnosti
- istina, možda nikada više nećemo biti djeca
čija se lica iskre od nevine bezbrižnosti
ali još uvijek možemo biti ljudi
posve neobični, i posve drukčiji
još uvijek možemo zaobći pruge i mimoići ceste
još uvijek možemo... još uvijek možemo...
sve što nikada nije moglo niti jedno dijete

daj mi svoju ruku, idemo, ludost je živjeti bez mašte
- hodit ćemo u tišini, lica okrenuta prema suncu
slijedit ćemo samo njegov trag, i nestajati
sve dok ne nestanemo u potpunosti
sve dok ne postanemo isto što i vjetar, oblak i oluja
sve dok ne stignemo s onu stranu svijeta
gdje se vrijeme ne mjeri po otkucaju sata
gdje sve biva besmisleno, što nije satkano
od čiste nesebičnosti, strepnje
i najintimnijih ljudskih vjerovanja

dođi, daj mi svoju ruku, idemo
skinut ćemo ove maske i ostati dostojni sebe
leći ćemo oboje na gluhu i golu zemlju
slušat ćemo kako se razmnožavaju tišine
kako nemoguće stvari postaju moguće
stvorit ćemo neku, sasvim svoju, naciju i vjeru
zastava bit će joj nebo, a himna tvoje nemirne oči
ja ću je pjevati, od jutra do sutra, bez prestanka
nijemo, kao što se pjevaju najsvetije molitve
a plakat ćemo zajedno

daj mi svoju ruku, idemo, izađimo iz ovog jezika
ostavimo riječi, neka rastu same, mimo nas
umjesto njih progovoit će naši isprepleteni prsti
po toplini dlanova prepoznat ćemo
intenzivnije, i bolje nego li po mahovini
kako se dan pretvara u noć, i noć u dan
sve što trebmo znati saznat ćemo
u pulsiranju vlastite nam krvi


REQUIEM POUR DEUX

Je ne peux rien écrire ce soir.

La lune, les étoiles et le ciel tout entier
Cette nuit ne sont rien d'autre
Que des pantomimes cosmiques,
Des tours ratés d'un magicien,
Des graphèmes sarcastiques de notre civilisation,
Des sons inarticulés,
Qui ne nous laissent rien savoir
Des projets de l'univers silencieux.

Et la Terre,
Sèche comme de la poudre à canon,
Cette nuit
Est immobile

Comme un point.

Comme un grand trou noir
Dans lequel je gis dans les liens,
Superflu et fini !
Comme auparavant, rempli d’une sensation irrépressible,
Etendu
Sur la clairière
De ton nombril.

Je ne grimperai jamais sur le bout de ton nez,
Pas plus que je ne sauterai d’un de tes cils à l’autre.

Je ne serai plus jamais baigné par ton regard
Qui éveillait en moi une multitude de contes de fées.

Plus jamais aucun matin ne sera innocent
Ni sans un souvenir trouble.

Le vent a emporté jusqu’à la dernière part de toi
Et rien de moi non plus n’est resté.

Je ne renaîtrai jamais
Sous l’effet d’un simple toucher
Et ne me bercerai point dans le berceau de tes lèvres.

Le cœur suit sans espoir l'horloge.
Nous n’existons pas.

Je ne peux entendre ta voix
Ni les pulsations de ton sang.

Pas même là, où les choses gisent mortes,
Nous n’avons laissé nos tombes
Ni nos os.

Ce qui est resté n’était qu’éternité vide :
Existence muette et longue comme l’ennui.

Rien que des lettres mortes,
Rien que des mots vides.

Des pensées éparses flottent, un brouillard humide se répand
Sur les abruptes falaises des rêves.
Les amas des coquillages pétrifiés et encore sensibles
Leur font écho et restent béants comme des murs de cités en ruine.

Cette nuit est aveugle.
Cette nuit est muette.
Cette nuit la poésie est morte.

Ce soir tout ce qui vit
Est creux comme un abîme.


REQUIEM ZA DVOJE

Ove noći ne mogu napisati ništa.

I mjesec i zvijezde i čitavo nebo,
ove noći nisu ništa drugo
nego kozmičke pantomime
iz neuspjelog mađioničarskoga trika,
podrugljivi grafički znaci naše civilizacije,
neartikulirani zvukovi
iz kojih se ne može iščitati ništa
o perspektivama gluhonijema svemira.

I zemlja,
suha kao barut,
ove noći
stoji nepomična.

Kao točka.

Kao velika crna rupa
u kojoj ležim
svezan -
suvišan i konačan!
- kao nekoć, pun
neukrotivog smisla,
što ležah
na proplanku
tvoga pupka.

Nikada se više neću popeti na vrh tvoga nosa,
niti skakati od trepavice do trepavice.

Nikada više neću biti okupan pogledom
koji je budio sve moje bajke.

Ni jedno jutro više neće svanuti posve nevino,
bez mutnog sjećanja.

Odnio je neki vjetar i posljednji komadić tebe,
i od mene nije ostalo ništa.

Nikada više neću biti
u jednom dodiru ponovno rođen,
i odnjihan u koljevci tvojih usana.

Uzalud srce prati otkucaje sata.
Nema nas.

Ne čujem ti glas,
ni pulsiranje krvi.

Ni onamo gdje leže mrtve stvari,
ne ostavismo niti svoga groba.
Niti svoje kosti.

Ostala je samo isprazna neka vječnost:
nijemo i podmuklo trajanje.

Samo mrtva slova,
samo prazne riječi.

Razbacane misli lebde, suklja vlažna para
nad provalijama strovaljenih snova.
Gomile okamenjenih osjetilnih ljuštura
odjekuju i zjape kao zidine razrušenog grada.

Ova noć je slijepa.
Ova noć je gluhonijema.
Ove noći poezija je mrtva.

Sve što je živo u ovoj noći
- prazno je kao bezdan.

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