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19/07/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, III-13

– Certes, mais lequel peut se targuer d’avoir enfanté des êtres au-dessus du reste des hommes comme Nemoklewos qui, attaqué et mordu par un loup furieux, lui enfonça son poing si profond dans la gueule qu’il ressortit de l’autre côté, lui permettant de saisir la queue du monstre et de le retourner comme une vieille peau, à l’épouvante de toute sa horde...
... Comme le premier Belonsis que deux hommes portèrent sur leur dos quand on l’enterra, alors qu’il en fallut cinq, tous forts comme des taureaux, pour porter le glaive avec qui il avait pourfendu plus d’ennemis qu’il est de pierres brillant au firmament...
... Comme Nsisyonemos qui ne pouvait supporter que les chênes soient plus hauts que lui et, dans sa fierté, les enfonçait à coups de poing, jusqu’à les surplomber d’une tête...
... Comme un autre Belonsis qui, d’un seul coup de massue, faisait rentrer sous terre le cheval et le cavalier qui l’attaquaient...
– À qui veux-tu faire croire ça ! Jamais, depuis que le monde est monde, nul n’a vu des ennemis d’Aryana se battre à cheval. Nous en sommes nous-mêmes incapables, alors qui le pourrait. Es-tu bien sûr de ce que tu viens de dire ?
– Nos chants ne mentent pas !
La discussion allait virer à l’aigre. Kleworegs éluda.

12/07/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, III-12

« Nous n’allons quand même pas rester ainsi, comme des statues ou des maudits pétrifiés par un sorcier ! » Ils partageaient la même pensée, mais chacun attendait que l’autre ouvrît les lèvres en premier. Ce oui les avait surpris l’un et l’autre. Kleworegs s’était imaginé une moue offusquée, un air interrogatif, des cris de protestation. Belonsis avait pensé jouer l’étonné, le méprisant, le condescendant... et il avait dit oui. Un oui qui ne l’engageait à dire vrai guère. Il sous-entendait des propositions qu'il aurait tout loisir de juger inacceptables. Il pouvait, sans que sa fierté en soit atteinte, prendre la parole pour lui demander d’être plus explicite.
– Oui, mais qu’as-tu à me proposer ?
– Je te l’ai dit, je te propose d’épouser ma fille aînée... Elle a un peu plus de treize ans, et tous s’accordent à dire qu’elle est une beauté.
– Je n’en doute pas, mais crois-tu que ce soit très important. Ce serait un bien plus beau gage d’amitié si tu me disais de quels biens tu vas lui faire don... Je crois que...
– Je te fais don de l’amitié d’un haut roi. Comptes-tu cela pour rien ?
– Certes non ! Mais il est d’usage qu’un haut roi soit généreux avec sa fille, quand il la donne en mariage... On reconnaît même sa haute naissance, ainsi que son désir d’amitié, à l’abondance de ses dons.
– Tu ne seras pas déçu !
– Et n’oublie pas que si un haut roi veut marier sa fille à un homme de très haute naissance, les dons doivent être encore plus beaux.
– Je sais tout cela, figure-toi !
– Et le clan des chasseurs de loups des terres au-delà de la grande eau du levant est plus riche de héros que tous les autres. Imagine le nombre de bisons qu’il y a dans une horde qui couvre la steppe, puis considère une goutte d’eau. La horde de bisons, c’est cette goutte, la foule de nos héros, le fleuve qui borde nos terres. Qui peut-en dire autant de son clan ?
– Tout guerrier d’Aryana, qu’importe son clan, est un héros... Ne crois pas que je méconnais ton genos.