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25/03/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, II-005

Il pouvait se rendormir, bien que, jusqu'à ses visions, il eût en réalité plus somnolé que dormi. Il plongea dans un profond sommeil. Il serait d'autant plus long que sa transe avait été intense. Son visage était apaisé, souriant. Les dieux avaient fait de lui leur messager, et leur message était des plus plaisants à transmettre. Il se réjouissait, dans son rêve, qu'ils lui eussent envoyé un avis à ce point conforme à ses vues.
Il se reprit vite. Ils n'auraient pas parlé à un prêtre opposé à leur volonté. Non, tout était bien. Qui recevrait leur message devait en comprendre toutes les implications, et le défendre de toutes ses forces devant les autres augures et les prêtres du Grand Conseil. Il les convaincrait. Il désignerait le but de la prochaine conquête... Pour avoir été décidée par les dieux eux-mêmes, elle ne serait pas un petit raid saisonnier, mais une grande migration rassemblant tous ceux des régions menacées, les cadets des grandes familles et quelques aînés de moindre naissance.
D'avoir été à son origine, il était déjà au conseil des prêtres, ou en voie d'y parvenir, comme tous les première caste annonciateurs et initiateurs d'un Printemps Sacré où, sur des terres inconnues, Aryana se régénérait et acquérait des forces nouvelles. L'idée d'une telle migration était déjà en l'air. Il ne manquait qu'un objectif et un chef incontestables. La plupart des prêtres souhaitaient que ce soit l'ouest, plus fertile et où l'on ne risquait pas de se heurter à chaque pas aux Muets. Pour créer un nouvel établissement, peuplé de milliers d'hommes que leurs femmes et enfants rejoindraient bientôt, mieux valait une terre de paix et de tranquillité. Le levant était tout le contraire, mais les grands rois y récoltaient le plus haut renom. Ils auraient voulu que les nouvelles terres y fussent situées. Les dieux avaient parlé. Ils changeraient d'avis. Même le guerrier le plus intrépide doit s'incliner devant eux.
Reggnotis avait désigné le but. Resterait à trouver l'homme. Qui parmi ces chefs avides de gloire serait choisi ? Aucun ne lui plaisait. Pourquoi s'en inquiétait-il ? Le désigner n'était ni son affaire, ni celle des hommes. Aux dieux seuls d'élire, s'il existait, qui en serait digne.

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