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18/03/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-156

À peine ses roues sur le sol, on y attela deux chevaux. Le roi et son prêtre y grimpèrent et tentèrent tant bien que mal (ce fut mal) de s'y installer. Bien qu'il fût prévu pour deux, comme l'indiquaient les poignées où s'accrocher, ils pestaient d'y être autant à l'étroit. Il se seraient moins étonnés de leur gêne s'ils avaient pu interroger leurs captifs les plus sombres. Le couple royal de Shumeru pour qui on l'avait bâti était âgé de douze et neuf ans. Serrés comme grains en jarre, ils eurent une tout autre vision de cette infortune. Son inconfort rappelait que le pouvoir ne va pas sans épines. Ils connaissaient de réputation la richesse et la puissance des maîtres des cités à qui il était destiné. Elles étaient payées d'un prix bien léger.
Ce n'était plus temps d'y penser. Ils venaient de pénétrer dans leur village. Leur gêne s'amenuisa à mesure que s'enflaient les cris d'admiration.
La foule fêtait les deux hommes et leur suite défilant dans un ordre impeccable. Personne ne s'étonna de l'exiguïté du char de triomphe, évidente au premier regard. Si c'était la coutume en Shumeru de faire des chars royaux si petits, c'était une bonne coutume. Ce royaume n'était-il pas, aux dires des voyageurs, le plus riche, le plus puissant, le plus avancé. Une telle supériorité, toute matérielle, ne durerait pas. Le jour viendrait où Shumeru, que ses plus anciens habitants appelaient Kartam, s'inclinerait devant Aryana. Tant qu'elle restait la torche de son temps, ses chars, ses tissus, ses bijoux étaient ce qui se faisait de mieux. Il fallait les admirer ou les imiter. Qu'importait leur inconfort, qu'importait le ridicule éprouvé à s'en servir, on était à l'aise avec eux. C'est sous un tonnerre d'acclamations, peut-être plus pour son char que pour lui, qu'il retrouva, soulagé, son village. Finis les soucis pour cette année !

Flanc fendu, boitant bas, les deux jambons liés autour du cou, le sac empli de viande fumée sur le dos, il arriva au village, son village. Il s'appelait “ le site des Loutres ”. Il était plongé dans l'affliction et la honte.
Où était le frère de sa mère, qui l’accueillait à chacun de ses retours ? ... On lui montra le squelette parmi les cendres.
Il interrogea. On ne lui dit qu'une chose. Tout était arrivé par la faute de Kleworegs, roi du clan du Cheval ailé.
Il voulut en savoir plus sur ce clan. Le prêtre lui fit voir son signe sacré, celui sur le coffret. Il l’avait dessiné à l’envers, pour lui porter malheur. Il cracha dessus. Il n’en éprouva nul soulagement.
Il demanda où était son village. Nul ne le savait. On ne pouvait que lui indiquer la direction qu'il avait prise.
Sa route serait longue… Trop pour un boiteux. Il passa chez le rebouteux. Il eut très mal. Il n’eut pas un cri… Il pouvait partir.

... Et il avait commencé à suivre sa piste. Il avançait, plus fier qu'un roi. Il savait ce que les dieux eux-mêmes ignorent : le moment de sa mort. Nul doute que l'entourage de sa victime ne le massacre sitôt son coup fait.
... Quelle importance ? Son histoire bercerait les générations futures. Un bel acte de vengeance est toujours salué d'un chant. Son auteur vit à jamais
.

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