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08/03/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-146

... C'est une tradition de parier sur un clan devant les autels du Borgne. Chacun vient déposer entre les mains de ses servants qui une balle de peaux, qui un porc, qui un taureau (seuls les chevaux, réservés aux vainqueurs, en sont exclus), et leur désigne son favori. On peut miser du premier jour des duels, aux premières lueurs de l'aube, jusqu'au signal du début des grands combats. J'avais demandé aux miens de ne parier qu'à partir du lendemain matin. Ce soir-là, à deux ou trois exceptions, personne n'avait encore misé sur nous. Encore ces audacieux, aux dires du prêtre de permanence, jouaient-ils toujours en faveur des délaissés dans l'espoir de gains démesurés par rapport à leurs mises. Ah, si tous étaient comme eux ! Ces mises sur les éliminés aux premiers combats revenaient aux prêtres. Ceux du village organisateur, dont il était, en avaient un tiers, ceux du vainqueur, dont il espérait être, un autre. Le reste se partageait entre ceux des clans à trente-deux chevaux. Hélas, ils étaient rares ! ...
... J'étais satisfait. Notre arrivée avec tant d'animaux n'avait mis la puce à l'oreille de personne. Ceux qui avaient tenu nos glaives n'avaient rien remarqué ou n'avaient pas songé à vérifier leur provenance. Y aurait-il demain des paris inattendus en notre faveur ? J'en doutais. J'essaierais en ce cas de savoir quel clan nous jugeait bons. Cela nous serait utile...
... Je me réveillai bien reposé, comme mes champions, grâce aux tisanes du guérisseur. Je me précipitai au sanctuaire où nos armes étaient entreposées. Leur garde est assurée par des prêtres tirés au sort installés, le tournoi durant, sur une tribune isolée sans aucun contact avec les spectateurs. Bien protégée contre vent et intempéries, c'est l'endroit d'où l'on voit le mieux, et cet isolement ne pèse guère. Ce poste est même recherché par mauvais temps...
... Ils nous remirent nos armes. Quel plaisir ! Aucune n'était brisée, ni même ébréchée à ne pouvoir servir. Mieux encore, nous seuls les revoyions toutes intactes. Les trois clans les mieux pourvus après nous en avaient une en moins. Ils nous opposeraient au pire, si nous les rencontrions en premier, dix-neuf guerriers équipés face à notre effectif intact. Les autres avaient déjà perdu de deux à cinq armes. Pourvu que ce détail n'entraîne une vague de paris en notre faveur ! Ce fut moins qu'une vaguelette. Ils ne l'avaient remarqué ou étaient habitués à nous voir vaincus. Il leur parut sans importance. Il pesa moins que duvet...

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