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06/03/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-144

... Depuis que, d'un accord unanime, on avait fixé des règles afin que nul ne soit ruiné à jamais en un tournoi, il y avait un enjeu maximum. Chacun nous savait pauvres, sans audace. Ils furent tout surpris quand nous engageâmes la plus haute mise. De bonnes âmes nous avertirent, charitables. Nous courrions à la famine en cas de défaite. D'autres se précipitèrent à notre enclos. Ils voulaient s'assurer que nous avions de quoi l'honorer. Ce qu'elles virent les tranquillisa. Nous pourrions payer. On l’accepta...
... Pour que tu saisisses notre tactique, je t'explique plus en détail nos règles...
... Il y a deux séries de combats. Seuls ceux entre villages sont récompensés. Les autres ne sont que parade sans sanction. À l'issue des duels, pour la gloire seule, chacun rend le glaive, marqué au sceau d'un clan, dont il s'est servi. Ils restent, toute la nuit, sous la garde de prêtres de tous les wikos. Au matin, ils reviennent à leur premier maître. Si ses armes sont belles et solides, il les récupère toutes, intactes ou presque. Dans le cas contraire – longtemps le nôtre –, il ne reçoit que des bouts de métal tordus ou brisés. Et il doit se battre avec pour éviter la honte et l'opprobre d'un abandon pourtant justifié...
... Les combats à enjeux commencent, qui favorisent les plus puissants. C’est d’ailleurs pour ça qu'on a décidé d'une mise limite, sinon le jeu serait faussé. On peut s'y présenter avec un enjeu de quatre à trente-deux chevaux. Mais si l'on arrive avec quatre bêtes, comme mon père, il faudra se battre avec des clans aussi pauvres que soi, et les vaincre, pour se mesurer aux plus riches. Les plus démunis (les plus mal armés) livrent trois rudes combats avant de parvenir dans leur cercle étroit. Nous n'y étions encore jamais parvenus. En vérité, aucun n'a une chance sérieuse d'y arriver. Si jamais, leurs guerriers sont déjà recrus de fatigue. Ils ne peuvent tenir contre ceux des grands clans, frais et dispos, qui ont eu le temps, pendant les premiers échanges, de repérer leurs points ou leurs éléments faibles...
... Toute la matinée, devant des spectateurs rares et pour la plupart inattentifs, se sont battus les villages pauvres. Sitôt le repas du midi terminé viennent les combats qui comptent. Les grands clans, d'attaque face aux petits arrivés là à force de coups, vont lutter. Le vainqueur reçoit tous les coursiers mis en jeu. Il en offrira quelques-uns aux plus vaillants. À huit clans, avec chacun trente-deux chevaux, cela fait dans les cinquante mains de bêtes... et trois batailles farouches, contre un adversaire chaque fois plus fort, où il s'agit d'être le meilleur. À lui reviendront toutes les mises, et la responsabilité d'organiser le tournoi suivant. Chacun espère l'emporter. Ce n'est souvent qu'un rêve. Pour nous, c'était une nécessité...

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