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04/03/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-142

LE TOURNOI

Le soleil était au plus haut. Ils s'arrêtèrent manger. Leur départ prématuré les avait mis très en avance. L'inhumation de leur nouveau frère ne les avait guère retardés. La sieste fut longue ce jour-là.
L'ultime sommeil seul est éternel. Repus, reposés, forces revenues, ils se remirent en route. Chacun, du roi aux captifs – mais qui se souciait de leur avis ? – se sentait bien. Nul ne traîna. Même les Muets, pourtant promis à une proche servitude, avançaient d'un bon pas.
Tout était calme. Ils n'avaient qu'à laisser aller leurs bêtes. Le chef de patrouille revint à la charge auprès de Kleworegs. Était-il meilleur moment pour entendre l'histoire de son raid ? Il n'était pas encore disposé à en parler, mais lui dirait la suite de ses débuts, s'il voulait. Il voulait bien. Il n'attendait que ça. Il se racla la gorge. Une voix claire agrémente un récit.
– J'avais réussi, tu t'en souviens, à obtenir tout le métal blanc qu’il nous fallait, et au-delà. En même temps, Bhagos avait favorisé notre chasse. Nos réserves de gibier suffiraient pour passer la mauvaise saison. Nous n'en continuions pas moins à amasser de la venaison et à la fumer sitôt nos proies abattues. Pour leur part, Punesnizdos, Pewortor et Egnibhertor leur parent, alors maigre comme une arête de brochet, s'échinaient dans leurs forges. À leurs côtés s'affairait une petite troupe d'aides. Ils semblaient, après des années à cultiver ou paître, avoir tout oublié de leur art. Cet oubli ulcérait Pewortor. Il les abreuvait d'injures, leur faisait honte de leur maladresse... toute provisoire. En une lune, ils retrouvèrent toute leur habileté. Jour après jour, les belles et lourdes épées martelées, identiques à, voire plus belles que celles qui avaient servi à ma démonstration, sortirent de leurs ateliers, fortes, sans défaut...
... Cet hiver-là nous fut cruel. La chair de nos bœufs, fumée pourtant avec grand soin, s'était corrompue. Malgré nos réserves de venaison, nous n'avions à nous mettre sous la dent, à la fin de la saison froide, que des mets de serviteurs. Peut-être, à nous seuls, aurions-nous eu assez de viande, mais les forgerons, je l'avais résolu, mangeraient comme nous. J'avais besoin de leur force. Ils nous avaient tant aidés, et continuaient. Quoique nos inférieurs, ils méritaient certains égards...

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