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06/02/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-116

... Notre retour commença sous les plus riants auspices. Nous croisâmes encore de nombreuses petites bandes ennemies. La saison était tardive. Ils revenaient, âme en paix, chariots remplis... Pendant que nous leur courons sus et mettons à mal leurs camps, ils vont, de leur côté, attaquer les caravanes qui troquent entre les cités et les terres éloignées et gorgées de richesses dont nous ne connaissons que les noms, voire l'ombre des noms... Nous les défîmes tous, l'un après l'autre, ajoutant à nos fourrures et à nos chevaux des objets étranges et nouveaux : poteries comme celles dans lesquelles on vous a servi notre bière, pectoraux, torques, boucles d'oreilles, ceintures tressées tissées dans des étoffes inconnues. Bientôt, à mesure que nos richesses s’amoncelaient, nous décidâmes de nous encombrer de chariots... Encombrer, je le dis maintenant. Dans l'euphorie du moment, nul n’y songeait. Nous ne voyions que les biens entassés, non la gêne occasionnée à notre troupe trop mince...
... Notre émerveillement devant les butins dont nous les délestions avec tant de facilité nous fit perdre toute mesure, toute réflexion. Pas un de nous ne s'étonna de l'aisance de nos coups de main, ne se demanda pourquoi des groupes aussi minuscules et aussi chargés de richesses avançaient sans méfiance par la plaine. Je le sais, par douloureuse expérience. Nous étions encore en plein cœur du territoire contrôlé, en cette tardive saison, par nos ennemis. Ils revenaient en force de leurs raids. Au rebours de nous, ils retournent au plus vite vers leurs camps de saison froide. Ils laissent l'intendance et le butin suivre loin derrière...
... Vint une journée où nous croisâmes encore une fois une petite bande chargée de butin. Comme de bien entendu, nous l'assaillîmes. À vingt-quatre (Plusieurs compagnons avaient été tués lors de nos assauts précédents et un autre avait péri, tout en nous évitant de nombreuses pertes, d'une morsure de vipère. Il avait, un soir posé le pied, en descendant de son char, sur un nid de ces vers-démons, nous révélant par sa mort que le lieu où nous comptions faire halte en était infesté), nous en vînmes à bout sans peine. Ils étaient en nombre égal au nôtre. Vaincre est facile à qui ose se lancer sur l’ennemi en laissant son butin à la garde d'un seul, quand il tente de protéger le sien et est plongé aussi profond dans la crainte d'en être dépossédé que nous l'étions dans la rage de tout lui prendre...

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