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27/01/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-106

... Tous deux le savaient. En deçà, une expédition n'est qu'une suite de coups d'osselets. En excluant les lâches et les bancroches, d'esprit ou de corps trop faible, nous étions quatre-vingts. Le fils lui en fit mainte fois la remarque. Il ne lui en accorda que trente. Encore ne fut-ce qu’après des heures, sinon des jours, d'acerbes discussions. Il avait besoin de nombreux guerriers pour nous protéger des Muets. Il ne pouvait lui en laisser que vingt. Comme il se vantait tous les jours du calme exceptionnel, cet argument tomba à plat. Il persista. Nous ne pouvions rester sans défenseurs. Les loups n’avaient pas attaqué, les porcs sauvages n’avaient pas saccagé et dévasté les récoltes, depuis longtemps. Ils viendraient bientôt… Ils arrivaient ; ils étaient là ; ils guettaient leur départ. Il devait enfin prévoir des chasses au cas où le raid serait un échec. Pour ces traques et battues, il fallait des guerriers, et nombreux...
... Enfin, chacun marchandant – Je calomnie le fils. Il défendait notre renom –, il mit sous sa bannière le tiers des guerriers. Par le nombre, cette troupe était dérisoire. En ne désignant que les plus tendres, retenant, malgré leurs protestations, les vétérans et les meilleurs pisteurs, il voulait en accentuer l’aspect puéril. Ce fut le cas aux yeux des couards, à commencer par les siens… Pas de ceux qui auraient voulu les assister et les soutenir. Ils admirèrent du fond du cœur, priant Bhagos puisque tout en dépendait, ces trente jeunes pleins de fougue, pour certains à peine sortis de l'adolescence, avides d'aller au combat et d'en ramener butin et trophées. Leur inexpérience ne fut pas sujet de moquerie. Ils portaient notre honneur. Nul ne doit rire de ce qui y touche...
... Des novices, en nombre réduit. Il aurait pu, pour compenser leur impréparation, leur confier de belles armes, légères mais solides. C'était mal le connaître. Même cet effort, il ne le fit pas. Pourtant, à l'époque, nous n'en manquions pas. Notre armurier, mort peu avant, avec ses fils, dans l'incendie de sa forge et sa maison attenante, avait fondu pour le clan de fortes haches, bien que minables à côté des vôtres... Elles sont superbes. C'est un plaisir de les admirer.
– Tiens, prends la mienne, regarde-la !

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