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28/02/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-138

– Je suppose que...

– Foin de suppositions ! Puisque tu veux mettre à l'épreuve mon savoir et mon jugement, écoute bien ma réponse. Tu devras faire la même, un jour, si ton fils t'interroge à ce sujet. Que le nom de ce Muet ait été impur mensonge est la chose la plus facile du monde à comprendre. Il lui a été donné par ses dieux et leurs prêtres. Sa défaite prouve leur insigne faiblesse et leur inanité. D'ailleurs, quand, parlant des Muets, j'ai dit dieux et prêtres, j'aurais dû dire démons et sorciers. Tu aurais trouvé plus vite. Ne t'illusionne pas, si vous avez vaincu, c'est que des dieux plus forts par nature que leurs démons, évoqués par des prêtres plus sages que leurs sorciers, vous prêtaient main forte. Nos dieux n'ont-ils pas prouvé leur supériorité, et nos ennemis ne l'ont-ils pas reconnue, quand ils ont cessé de se battre et se sont rendus, aussitôt leur chef mort. Ils ont tout compris. Les promesses de victoire de leurs soi-disant prêtres n'étaient que mots creux. Les dieux, combattant à vos côtés, avaient résolu leur défaite voire, s'ils persistaient à lutter, leur fin. Il ne leur a pas non plus échappé qu'ils vous avaient donné une vigueur supérieure à la leur, et nimbés d'une aura de victoire, signe tangible de leur perte imminente. C’est notre oeuvre. Nous savons les mots pour attirer leur soutien. Par le canal de nos oraisons, leur force vient jusque dans vos muscles et en déborde comme une cape d'invincibilité. Voici la supériorité de nos dieux et de nos prières, qui donnent à côté de la victoire au combat épouses fécondes, gras bétail, sillons débordant des fruits de la terre.

Il était rare qu'il soit aussi disert. Comme à l'habitude, il n'avait pas manqué de célébrer le rôle et l'importance des siens. Qu'ils tiennent tant à le rappeler n'était pas innocent. Ou ils doutaient de leur puissance, ou elle était quelque peu vacillante... Il s'en souviendrait. En attendant d'en savoir plus, il le flatterait, et l'assurerait de sa piété et de son respect.

– Je sais, voix des dieux. Tous ceux d'Aryana, qu'ils guerroient ou produisent, vous respectent et vous honorent. Moi, ton roi, plus encore.

– Pas encore assez, cependant. Tu as souvent tendance à ironiser... Et il y a ce vieil arrangement du début de ton règne, que tu n'as toujours pas voulu reconsidérer. Écoute ! Regarde le cours de ton destin, vois combien ils te favorisent... Grâce à nous. Nous ne passons pas une journée sans demander pour toi leur bienveillance et leur appui... Réfléchis avec moi un instant. Combien as-tu déjà fait de campagnes ?

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