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23/02/2009

AUBE, la Saga de l'Europe, I-133

Deux guerriers allèrent le prendre dans son linceul. Le prêtre vint parler à son roi. Il se réjouissait d'installer dans sa sépulture l'homme des Loutres, mais... Kleworegs fronça les sourcils. Il insista. Il devait l'interroger, pour que la mise en terre s'accomplisse selon les rites :

– Dis-moi, comment s'appelle celui que nous allons mettre en terre ? J'ai besoin de le savoir pour disposer Thonros et sa suite en sa faveur.

– Comment ?

– Oui, quel est son nom ?

– Mais... Je n'en sais rien !

– Quoi ! Quand il vous a raconté son histoire, tu ne lui as pas demandé son nom et sa filiation ?

– Tu sais bien que non ! Tu étais avec nous. Et personne n'y a songé. Tu sais, c'est quand on va abattre un ennemi qu'on lui demande, pour en parler ensuite, qui il est. « Kwis esi ? Kwoyo esi ? » (Qui es-tu, de qui es-tu ?). Ce n'est pas une question qu'on pose aux amis. On attend qu'ils se présentent.

– C'est vrai, mais qu'est-ce que je vais bien faire ? On n'a jamais vu un guerrier sans nom enterré !

Le prêtre se prit la tête entre les mains. Espérait-il y trouver plus vite une solution ? Kleworegs était plongé dans les mêmes abîmes de réflexion. Soudain, il releva la tête. Il toussota.

– J'ai trouvé. Appelle-le mon frère, et donne-lui ma filiation. Ce sera un grand honneur pour mon genos que son esprit défende notre terre.

– Oui, c'est une excellente idée, mais tu devras échanger ton sang avec lui.

– C'est impossible ! Le sang d'un mort est figé. Il ne coule pas. Il n'est même plus du sang, fluide de vie.

– D'accord, d'accord. Je ferai comme tu as dit, le déclarer ton frère. Je l'inhumerai en l’appelant « Klewoner, Kleworeges bhrater, puis toute ta filiation. » Cela te va ?

– C'est parfait !

– Alors, de ton côté, arrange-toi pour que les hommes soient plus discrets sur l'histoire d'hier. Plus j'y réfléchis, plus je crains d'avoir été un peu trop désinvolte à l'encontre des dieux. Notre sacrifice les a gavés, mais ils n'ont peut-être pas apprécié notre manque de respect...

– Tu m'as toujours dit que le plus important pour eux était la taille des sacrifices. Ils reconnaissent notre piété à ce signe. Ne t'inquiète pas ! Je leur dirai d'être plus calmes et de cesser leurs plaisanteries (« Dommage, il y avait de ces trouvailles impayables dans ce début de satire. Je leur demanderai la suite un peu plus tard. » ). À présent, passons à la cérémonie. Qu'elle soit terminée, et la tombe refermée, avant ciel rouge !

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