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01/01/2008

AUBE, la saga de l'Europe 98

– Va le chercher, et ramène-le moi !
– C’pas possible.
– Un chevreau, peut-être un agneau...
– C’pas d’la mauvaise volonté. J’veux bien aller l’chercher, mais j’peux pas vous l’ram’ner.
– Voyez-vous ça !
– Mais y peut pas s’déplacer. Y va comme une limace ! L’est si estropié qu’y lui faudrait la journée pour venir. Tu comprends ?
– Je ne peux pas aller chez lui comme ça, ce serait violer l’hospitalité.
– J’vais aller l’voir, uy dire qui t’es, tes exploits. J’uy dirai qu’tu veux l’voir. Si y t’trouve assez bien, y t’parlera. Ça s’rait bien qu’il accepte, même si qu’ça va nous valoir d’gros ennuis. C’est un gars bien, l’seul homme ici.
– Eh bien, va ! Et sois éloquente… Euh… Fais-toi comprendre !

Elle avait pénétré dans la hutte. La discussion avait l’air de s’y éterniser. Kleworegs, avec sa notion particulière et très subjective du temps, s’impatientait. Le court moment depuis lequel elle était à l’intérieur de la demeure du « seul homme ici » s’étirait à l’infini. Enfin, au bout de ces instants d’éternité, elle sortit. Elle revint en courant, prenant grand soin de passer inaperçue, dans la maison d’hôtes. À peine arrivée, hors d’haleine, elle lui signifia l’accord de l’infirme. Il avait su sa renommée. Il lui apprendrait le secret du clan.
– Tu sais, il est l’seul à pouvoir t’parler sans crainte d’la honte qui rôde ici. Lui seul, ici, n’en est pas couvert. Il est not'seul deuxième caste digne d’sa naissance et d’son rang. Tous les autres, pfff... J’suis peut-être qu’une vieille à qui on confie à déniaiser les garçons trop laids ou trop sots pour plaire à une jeunesse, j’suis bien sûre que j’vaux mieux qu’eux !
Medhwedmartor refréna un haut-le-cœur :
– Eh oh, la vieille, payer un agneau, c’est encore dans mes moyens !
Kleworegs s’interposa :
– Mon gardien d’armes plaisante. Reste que tu n’as pas à parler de neres comme ça. S’il y a une honte sur eux, c’est à nous, guerriers, non à toi, qu’il incombe de voir quoi faire, et d’agir.
– Qu’ton gardien d’armes s’contente de plaisanter, si tu veux connaître la fin d’mon message !
– Vas-tu parler ! On m’appelle Kleworegs le pieux, pas le patient !
– Oui, oui... Bon, alors, y veut bien vous parler, c’est parfait d’ce côté, mais y veut pas vous recevoir. Y veut raconter l’histoire du wiks qu’entouré d’vrais guerriers, et y a tant de héros parmi vous que sa hutte sera trop petite. Y veut que vous l’emmeniez à la maison des hôtes ou à vot’ camp. Y s’y sentira en bonne compagnie. C’est tout c’ki veut.
– Qu’en penses-tu, Kleworeg ?