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25/12/2007

AUBE, la saga de l'Europe 96

– Taisez-vous !
...
– Regardez-vous, tout avachis ! Lourds appas, couches épaisses, le mou vous a amollis !
Ils se redressèrent.
– Fini de dégoiser ! Passons aux choses sérieuses. Vous – enfin ceux qui n’étaient pas trop à la boisson ou à la baise – avez remarqué la curieuse attitude de ces femmes parées, celle plus curieuse encore de ces guerriers ?
– Curieuse ? Inimaginable ! De simples paysannes, des plus laides, pas du tout le genre à partager la couche des chefs et à le faire savoir, toisant et méprisant leur roi. Dans un village digne de ce nom, on les aurait... Rien du tout. Ça n’aurait jamais existé !
– Et si nous avions rêvé ? L’ivresse nous l’aura suggéré. Saleté de bière !
– Je n’ai presque rien bu. Moi aussi, j’ai vu ces mégères gonflées d’arrogance et ces guerriers courbant la tête. Je veux savoir pourquoi.
– C’est tout simple, demandons-leur !
– Tu n’aurais pas dû autant boire, et passer ensuite la nuit avec les femmes. D’abord, le lendemain, tu en parles à faire rougir ceux qui palpent les bourses des taureaux. En plus, tu perds le sens. Comme si, honteux de ses actes, on en parlait à des étrangers ! Nous avons beau être leurs hôtes, ils s’en garderont bien. Et la loi nous commande de ne pas les interroger à ce sujet... Oui, Medhwedmartor ?
– Une de ces hideuses mémères pourrait nous confier ce secret. Il faut le découvrir. Pour qu’ils ressentent une telle honte, il doit être bien laid.
– Excellente idée, mais comment vas-tu les reconnaître ?
– Déjà, parmi les plus laides et les plus décaties du wiks... Si les guerriers ont payé leurs faveurs de ces bijoux, je conçois leur honte... Ce serait trop facile. Hier, j’en ai repéré une qui me faisait de l’œil, pendant leurs danses. Elle avait sur la pommette... Attends, celle-ci...
– La droite.
– C’est ça, la droite, une énorme verrue avec une aigrette. Tu parles si je m’en souviens ! Ça m’a coupé l’envie. Je suis allé dormir. Rien que pour ça, je la reconnaîtrais entre mille. Je te la retrouve et je te l’amène ?
– Oui, mais sois discret. Nous ne savons encore rien. N’ayons aucune querelle avec nos hôtes !
– On pourrait les occuper un peu, leur faire montrer à nos chasseurs de loups où a eu lieu la bataille où ils en ont tué quinze, par exemple ?
– Parfait, on le fera si besoin est. Je crois que j’ai eu raison de te sauver quand Bhagos te réclamait.
– Tu as eu raison dès le début, quand tu m’as laissé ma chance.
– Ne me le fais pas regretter. Trouve-moi ta promise au trot !

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