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18/12/2007

AUBE, la saga de l'Europe 93

Une des paysannes, à la chevelure épaisse et crêpelée, commenta la scène à son voisin. C’était, malgré son air placide et avachi qui trompait son monde, un des plus solides guerriers de Kleworegs.
– L’hiver dernier, les loups ont menacé notre cheptel. Le chef chevreuil et nos hommes sont allés à leur rencontre et en ont tué quinze – elle recompta sur ses doigts – oui, c’est ça. Nous en avons gardé les peaux pour en faire des manteaux.
– La fourrure du loup est idéale pour se protéger des rigueurs de l’hiver. Elle l’est aussi comme vêtement d’apparat pour honorer ses hôtes. Ton roi aurait pu s’en passer une sur le dos, au lieu de sa défroque ! Est-il digne d’avoir du mouton sur les épaules quand on souhaite la bienvenue à un héros comme Kleworegs... et à ses guerriers ! ?
– J’en sais rien, c’est déjà pas facile de savoir qui est qui, et comment le saluer, rien qu’au village.
– Vous avez déjà tué des mange-miel, ici ?
– Nous tuons les porcs qui viennent piétiner les récoltes ; les goulpils, aussi. Non, nous n’avons pas eu affaire aux mange-miel depuis longtemps... Oh, pas si longtemps après tout, pas depuis ma naissance. Tant mieux ! Nos gourdins ne pourraient rien contre eux, ni même nos pauvres épieux et nos vieux glaives... Ici, depuis l’incendie de sa forge, je n’étais encore pas née, il n’y a pas de fabricant d’armes... Dis-moi, c’est vrai qu’ils ont le corps noir de suie, comme le cul d’un chaudron, et qu’ils peuvent vivre dans les flammes ?
Même s’il l'avait trouvée à son goût, il ne lui aurait pas répondu là-dessus. Il lui aurait plutôt raconté ses victoires contre ces mange-miel qui l’impressionnaient tant. Il ne lui dirait rien du tout. Son autre voisine, qui avait tout écouté, lui semblait plus digne de son intérêt. Il se tourna vers elle. Il saurait la charmer par ses récits de hardi chasseur. Il héla le premier forgeron à portée de voix.
– Oh, Egnibhertor, cette petite s’intéresse à vous, si vous vivez dans le feu, si vous avez les fesses noires... Tu pourras toujours le lui montrer.
– Alors, petite, que veux-tu savoir ?
– Ah, tu es forgeron ! ? C’est vrai que vous vivez dans le feu et que vous êtes tout noirs ?
– Une seule question à la fois, veux-tu !
Il regarda la curieuse. À part ses cheveux crêpelés, elle ne différait guère des autres. Sa peau, pour une troisième caste, était claire. Elle avait de bonnes joues rondes, un peu rougies par l’excitation ou le feu proche, des seins lourds, la taille peu marquée. Cependant, et cela lui plut, elle était bien moins grassouillette que la plupart.

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