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25/08/2007

AUBE - SAGA DE L'EUROPE (84)

... Nous revînmes au village. Pewortor n’était toujours pas de retour. Il n’arriverait pas avant au moins une lune et deux quartiers... À peine un quartier plus tard, un de ses messagers survint. Il me rapporta leur succès. À l’appui de ses assertions, il avait de quoi forger déjà plusieurs beaux glaives. Je fis, aussitôt, porter le métal à Punesnizdos. Il tomba à genoux, remercia les dieux. Son geste de dévotion terminé, il bouta le feu au foyer de sa forge...
... Deux jours après, la troupe était là. Je rendis grâces aux divinités de nous avoir permis de faire aussi bonne chasse. À cause de leur retour prématuré, j’avais bien plus de bouches à nourrir, dès les premiers mauvais jours, que prévu. Bhagos, quoique borgne, voit tout. Il avait suppléé à mon ignorance. Il nous avait offert toute cette viande supplémentaire en prévision... Mais lui et ceux de son espèce sont des dieux, quand nous ne sommes que des hommes...
... À cette occasion, je fis, aux démons la lésine, préparer une grande fête. Elle fut à la hauteur de la nouvelle et infaillible générosité du ciel. Amasser et grignoter comme le hamster aux lourdes bajoues ou l’écureuil cacheur de graines lui auraient été offense et grave insulte. Nous aurions perdu sa faveur. Nous l’honorerions en festoyant. Il nous avait comblés de ses bienfaits pour la saison froide. Il ne devait nous rester aucune réserve à l’entrée de la saison chaude. Voyant notre piété et notre confiance, il remettrait sur notre chemin noble gibier et beaux butins...
... Notre banquet fut copieux, l'hydromel plus copieux encore. Nous invitâmes les troisième caste à venir se goberger. Ils ne s’en privèrent pas. Il y eut le lendemain de pénibles réveils, le mien pour le premier. Je sortis sous la pluie pour me remettre de la folle nuit. Je me rendis à la forge. Pewortor, traité la veille au soir comme un des nôtres, cuvait quelque part son medhu. Il restait introuvable ou sourd à tous appels. Son père était déjà debout. Il se tenait devant son foyer où régnait un vrai brasier. Il avait anticipé mon ordre. Il s’était mis au travail sans délai... »

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