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23/08/2007

AUBE, SAGA DE L'EUROPE, 82

... Transactions et échanges ne prirent que deux quartiers... À peine la moitié du temps prévu. Ils devaient revenir aux frimas. Ce fut avant le gel, quand il restait encore quelques rares feuilles aux branches. De même, je m’attendais à avoir juste assez pour nous équiper en vue du prochain tournoi. Il me rapportait de quoi nous armer tous, et au-delà. Il avait poussé la coquetterie jusqu’à me ramener un coursier dont je ne m’étais séparé qu’à grand peine et regret. Il le montait, ayant cédé son moins beau cheval à la place. Je ne pouvais guère le lui reprendre. Va-t-on marchander à qui vous offre tout ce que vous désirez, et au-delà ? Tout cet étain nous a été bien utile. Depuis, tu sais comme il a augmenté ! Là où il fallait un bœuf, il en faut trois, quatre parfois... Et il avait eu ses lingots pour encore moins, la moitié peut-être

Le chef de patrouille devint tout rouge. Toutes ces combines puaient l’immoralité. Il n’aurait pas dû appeler ner cet artificieux Pewortor... Ce qui était fait, pour sa plus grande gloire d’ailleurs, était fait. Il n’allait pas revenir dessus. Dans cette affaire de transaction, le village entier de Kleworegs, et lui le premier, était solidaire et complice. Soucieux de bonnes relations avec lui, il s’abstint de faire la morale. Il préféra s’inquiéter de ses battues.

… Nous partîmes à la rencontre des aurochs. Pour la première fois, quelques vieillards d’âge canonique voulurent nous accompagner. Je saluai leur grand âge et plus encore leur vaillance... Cette chasse est dangereuse entre toutes. Ils avaient décidé d'y participer afin, si les dieux daignaient leur sourire, d’y trouver une mort digne de leur sang. Ils feraient le sacrifice de leur vie pour ne pas rester, bouches inutiles, à notre charge, et nous aider. C'était un prix bien doux. Notre wiks, de nombreux signes l’annonçaient, vivrait dans la gloire et le triomphe. Il leur plaisait d’être les premiers héros morts sous mon règne, et célébrés pour ce geste, plutôt que des vieillards à qui, sous la mince écorce du respect, on reprocherait le peu qu’ils mangeaient. Ils me priaient, et même exigeaient de moi, en vertu de la déférence que je devais à leur vieillesse, de leur désigner les positions les plus exposées, qu’un chasseur doit tenir sans faillir au risque d’être piétiné. Je ne devais ni me priver de vétérans, en pleine force de l’âge, ni exposer à ces postes des jeunes, enclins à s’effrayer devant la charge aveugle des ures. Eux, ils tiendraient. S’ils y périssaient, la perte ne serait pas bien grande pour le village. Leur gloire, en revanche, serait large comme toute la steppe. Ils banquetteraient au festin de Thonros...

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