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20/08/2007

AUBE, SAGA DE L'EUROPE, 79

« De quoi ? Que le mal y dorme encore, prêt à se répandre dans leurs villages ? »
« Je l’ignore. Ils ont refusé tout troc, c’est tout. Ils attendent que l’hiver les en ait purifiés. Il fait bien disparaître la vermine. »
... Y avait-il encore du danger ? Leurs chevaux semblaient sains. Ils leur avaient fait serment que la maladie était terminée. Le risque en valait la peine. Il jeta un regard circulaire. Chacun pensait comme lui. Il n’hésita plus...
« Tu m’as l’air bien au courant de la situation. Sois notre guide et accompagnez-nous vers ceux qui ont tant besoin de chevaux et de gros bétail... Pour que tu sois allé si loin, ton village est l’un des plus touchés ? »
« Tu vois nos chevaux ? Nous sommes les seuls à en posséder encore... Pour en avoir, nous troquerons beaucoup de peaux et de métal. »
« Des peaux, des peaux, nous en avons déjà trop, nous pourrions affronter cent hivers... Du métal, je ne dis pas non, ça dépendra de ce que vous m’offrez. Avez-vous du métal blanc ? »
« Euh, oui, un peu ! »
« C’est ce qui m’intéresserait le plus. »
« Je connais deux villages qui en ont à ne savoir qu’en faire, et qui ont perdu tout leur bétail... Mais peut-être sont-ils comme toi, peut-être aiment-ils le métal blanc, et feront-ils des difficultés pour te l’échanger contre tes bêtes ? »
« Es-tu sûr de bien connaître les malheurs et les possibilités de tes voisins ? Qu’importe, si tu me dis qu’ils pourraient faire des difficultés, j’irai ailleurs. La peste a frappé assez loin. Il ne manquera pas de villages sans cheptel, avec du métal blanc en abondance, prêts à le troquer sans faire de manières, eux. »
... Le guide inspira un grand coup. Il en avait trop fait. Une bonne affaire, propre à l’enrichir et à gonfler son prestige, risquait de lui échapper...
« Tu sais, je connais bien ceux qui ont du métal blanc. J’aurais toujours moyen de m’arranger avec eux. Ils t’écouteraient volontiers, mais avec moi, tu l’auras pour encore moins que tu ne l’espérais. Dis-moi tes conditions. Je les leur transmettrai, et leur ferai encore rabattre dessus... Et euh, hum, il me faudra faire sacrifier aux dieux. Les prêtres leur demanderont leur accord. »
« Ta piété fait plaisir ! Rassure-toi, les dieux ne seront pas oubliés... Toi non plus. C’est une joie d’obliger un homme pieux. Contente-toi de veiller à ce que nous ayons de TRÈS bonnes conditions ! »
« Très bien, continuons ! »

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