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13/08/2007

AUBE, SAGA DE L'EUROPE, 72

... Mon âge, les circonstances de mon élévation, notre appauvrissement, en renom et en biens, pendant la royauté de mon père. Il n’y avait rien là qui puisse me donner une autorité incontestable. J’étais en sursis, au risque de leur admiration sans bornes comme de leur total mépris. Tous étaient des fauves de guerre... Moi, un tendre adolescent, ou peu s’en faut, n’ayant jusqu’à présent prouvé son aptitude au combat que dans des assauts simulés avec des garçons de son âge, jamais contre des ennemis avides de notre sang... À moins que, habitués au long du règne précédent à vivre dans une médiocrité humiliante, mais tranquille, ils aient perdu goût à se battre. Ils discuteraient mon pouvoir si je voulais leur imposer la voie trop longtemps abandonnée du guerrier. Toutes ces idées sarabandaient dans ma tête. Ma certitude de triompher fut la plus forte, abolissant le temps... Mais les trois jours s’étaient écoulés quand, un matin, Pewortor vint me saluer...
... Il avait son air sûr de lui et arrogant qui ne l’a jamais quitté depuis. Son visage rayonnait. Il se rengorgeait, bombait le torse. Il prit le ton que nous utilisons pour déclamer le nom et les exploits de nos ancêtres. Mes glaives étaient prêts. Je serai satisfait des deux magnifiques lames qu’ils m'avaient forgées…
… Je n’avais pas coutume de regarder ce qui se passait chez eux, ni comment et combien de temps ils travaillaient. Je ne savais pas plus, pour ne m’en être jamais préoccupé, si l’on prenait aussi longtemps pour deux glaives, mais ils avaient été sans relâche sur la brèche et n’étaient jamais sortis de leur forge bruissant d’un rude labeur. Ce zèle était de bon augure. Les armes qui m’attendaient étaient des chefs d’œuvre. Leurs serments n’avaient pas été portés en vain...
... J’avais passé ces jours où se forgeait mon destin en état second. Je n’avais toutefois pas dormi. J’avais vu, l’un après l’autre, tous mes guerriers. Leur état d’esprit était à l’expectative et au mutisme. J’en avais sélectionné deux d’esprit ouvert et bons bretteurs. Ils avaient de plus l’art de briser le glaive de leurs adversaires, chaque fois que le sort présidant aux tournois individuels leur mettait en main des armes de qualité, avec force et art. Ils avaient été surpris, comme les autres, de mes questions...

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