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10/08/2007

AUBE, SAGA DE L'EUROPE, 69

« Ton père voulait des armes de bronze, et refusait de procurer au mien le métal blanc. Reprocheras-tu à qui prépare l’hydromel de te donner de l’eau, si tu lui interdis de toucher au miel ! ? »
... Je le regardai avec colère. Me manquer ainsi ! Il ne me laissa pas lui répliquer...
« Père a fait des armes de bronze plus fortes et plus belles que les meilleures, quand on lui en a laissé le droit et le loisir. »
... Avant d’entendre ces mots, j’avais l’intention de le châtier avec la plus grande sévérité. Son attitude avait été trop injurieuse ; son mépris de toutes règles et hiérarchie, insupportable. Ils désarmèrent ma colère. Elle céda la place à une intense curiosité. Malgré l’arrogance de ce garçon (Il était de trois ou quatre ans mon aîné mais, ayant son père, l’était encore quand, orphelin, j’étais un homme, et un roi.), je contins mon irritation. Puisqu’il semblait, en dépit de son statut de dépendance, être le vrai chef de cette famille, je le sommai d’être plus clair. Qu’il me prouve ses prétentions par autre chose que ces dires. Rien, que je sache, n’était jamais venu les étayer ! ...
... Impérieux, il se tourna vers son père. Gêné, le vieux forgeron courtaud se dirigea, traînant le pas, vers le fond de sa forge. Il y fourragea parmi un monceau de peaux tannées, destinées à la fabrication de fourreaux. Il retira de sous cet amas un glaive d’un bronze luisant. Il me le tendit, yeux baissés, gamin qui s’attend à une gifle...
... J’écarquillai les yeux. L’arme était sans doute une des plus belles, non, la plus belle, que j’aie alors jamais vue. Élégante de lignes, elle donnait une impression de puissance que je n’avais jusqu’alors rencontrée, poussée à ce point, dans aucun glaive. Je tendis la main pour le prendre. Punesnizdos me le confia comme s’il se libérait d’un poids...
« Prends-le, il est à toi. Il m’avait été commandé par le frère de ton père, qui fut notre roi si peu de temps. C’était juste avant sa mort. Jamais ton père n’est venu le chercher. J’espère que tu sauras l’apprécier. C’est du vrai bronze, le meilleur, avec les proportions idéales de cuivre et d’étain soufflées par les dieux. »
Je fis sonner la lame, dont j’étais déjà amoureux, contre l’énorme creuset où se fondait le métal. Son tintement me mit une grande joie au cœur. Mon oreille avait reconnu, sans conteste, le son d’un grand bronze. Je ne l’avais entendu qu’en de très rares occasions, quand des neres du plus haut rang échangeaient quelques passes au cours des plus grands tournois...

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