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09/08/2007

AUBE, SAGA DE L'EUROPE, 68

... Il fut mis en terre, puni par les dieux pour son mépris du bronze. Je lui succédai...
... Les feuilles rougissaient… Une main de lunes à ronger mon frein. Je n’avais aucun projet bien défini – Sa mort (Il était bâti pour voir les petits-enfants de ses petits-enfants.) m’avait surpris –, qu’une certitude : Tout plutôt que la médiocrité souffreteuse où nous avions croupi sous lui. Nous avions trop pâti de ses demi-mesures, de son faux bon sens, de son refus de l’avenir. Comment supporter d’avoir les meilleurs guerriers et de les voir subir défaite sur défaite aux jeux, faute de beaux bronzes ? ...
... À peine acclamé roi, je pris les choses en main. J’étais né « Roi de gloire ». J’honorerais ce nom reçu des dieux. Je ne rendis chez ceux du métal...
... J’arrivai chez Punesnizdos le forgeron. Le père de Pewortor ne ressemblait pas à son fils. Il était lourd et maussade. On eût dit, malgré sa corpulence et ses muscles, un serviteur s’attendant, cœur glacé d’effroi, à une sévère correction... Bien loin d’un de ces génies du feu que leurs fils évoquent quand, au cours de leurs jeux, ils parlent d’eux...
... Il m’accueillit avec respect – C’était son devoir face à un roi et un guerrier –, mais sans la moindre amabilité. Il eût reçu un vagabond étranger pouilleux avec plus de chaleur et de plaisir. Son fils, lui, me salua avec peut-être moins de déférence, mais plus de cordialité. J’appelle ça de la cordialité. C’est ce qui s’en rapprochait le plus. Les forgerons ne sont pas gens cordiaux...
... Ils attendirent mes paroles. Nul ne s’adresse à son roi sans y avoir été invité une première fois. Les ferai-je patienter un bon moment, pour montrer mon pouvoir, ou parlerai-je tout de suite ? Obtenir de belles armes me taraudait. Je ne les tins pas longtemps sur les braises. Je serais un plus grand chef en donnant aux miens des glaives solides qu’en lassant leur patience. Je leur expliquai le pourquoi de ma venue, et leur intérêt à trouver une solution à nos malheurs...
« Forgeron, depuis que j’ai été en âge d’assister aux tournois et, plus tard, d’y lutter, comme tout fils de roi, j’ai toujours vu les miens, pourtant les plus forts, les plus agiles, les plus vaillants, se faire vaincre sans recours à cause de leurs pauvres armes... de tes armes. Qu’as-tu à dire ? »
... Il me regarda, apeuré. Quoi qu’il dise et fasse, il serait le coupable sur mesure, la victime expiatoire. Pewortor était passé d’un coup à une franche hostilité, à peine dissimulée sous le respect de mise. À ma grande surprise, ce fut lui qui parla, alors que son père continuait à baisser les yeux et à se tordre les mains, comme s’il craignait de m’adresser la parole...

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