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04/07/2007

AUBE, SAGA DE L'EUROPE, 44

Le soleil déclinait. Les chiens seraient bientôt gris. Cette heure est grosse de menaces et de maléfices. Elle se prêtait à un supplice exemplaire.
Ce serait près de cet arbre énorme, droit devant. Il semblait avoir poussé tout exprès pour fournir un solide gibet, avec une longue et forte branche, bien droite, à hauteur adéquate. Kleworegs envoya deux hommes l’examiner. Ils revinrent vite. Tout chancreux, signe d’infamie, il convenait à ses projets. Quelques ossements, épars à son ombre, confirmaient cet usage.
Le jeune condamné le regarda avec fixité, à s'en faire mal aux yeux. Il soupira, comme apaisé. Ses voisins sursautèrent. Ce soupir face à l'instrument de son supplice détonait. Était-il signe de la fin de la tension qui l'habitait depuis qu'on l'avait juché sur l’ignoble rosse, d'un début de folie due à la torturante attente, ou du soulagement de voir cesser leur harcèlement ?
Relégués avec lui en fin du cortège pour leurs réactions lentes et ineptes à l'épreuve de Kleworegs, ils n'avaient pas supporté leur disgrâce. C'était le résultat de sa remarque sur leur douteuse efficacité. Ils n'avaient cessé de le houspiller tout le long de la soirée de la veille et de cette journée... une éternité. Leur attitude avait ulcéré Kleworegs. Il leur ferait honte ! Il avait été autorisé à chevaucher à nouveau tête vers l'avant, récompense pour son calme face aux moqueries. Elles n'avaient pas cessé pour autant. Il avait de nouveau dû intervenir et menacer les plus acharnés à insulter et à se moquer. La menace avait porté. Les vexations, sans cesser, étaient devenues, bien que toujours venimeuses, discrètes. Il ne manquait pas de caractère. Il ne réagissait pas, méprisant les insultes et, plus encore, les insulteurs. Si l'un de ces relégués en arrière-garde pour être restés à regarder, stupides, son arme, sans chercher à savoir qui l'avait lancé, et d'où, pouvait oublier ses menaces et exagérer ! Il le ferait lier à rebours sur son cheval. Tous sauraient le prix à payer pour qui accable un fautif en route vers son supplice ! Ils le sentirent. Ils restèrent toujours, envers lui, en deçà de la ligne qu'il leur avait tracée.

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