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02/07/2007

AUBE, SAGA DE L'EUROPE, 42

Ce regard ! Il n'avait pas peur de la mort. Elle le fascinait. Il en acceptait la perspective avec la même curiosité qu'il devait mettre à s'intéresser à celle des autres. Il l’épargnerait, tout en le traitant de façon à s'assurer sa fidélité éternelle. Ce serait un avertissement supplémentaire aux jeunes chiens fous de sa troupe. Ils ignoraient tout de sa conduite envers les mauvais éléments. L'angoisse d'une punition sévère, s'ajoutant à leur humiliation, leur enseignerait la vigilance.
Quant au petit gros... Quelle énigme ! ... (« Il craint la mort, jouit en même temps à son idée. Oui, il attend et refuse son supplice dans un même mouvement... En plus, il m'a deviné. Je pousserai le jeu à l'extrême, mais lui laisserai la vie... Le punir comme il le mérite, c'est perdre un élément de valeur idéal pour les sales besognes, et qui se fera un plaisir de les accomplir. Le gracier, c'est m'exposer à son mépris, ou à sa haine. Comment me l'attacher ? J'en aurai usage. Il sera une arme parfaite en tous points, si j’implante en lui cet attachement de molosse qui est sa vraie nature... »)
– Cet arbre est trop sacré pour qu'un mauvais comme toi soit pendu à ses branches ! Remontons tous en char, trouvez-lui une sale rosse, entravez-le dessus, à rebours, et qu'il médite sur les devoirs de sa charge jusqu'à l'arbre suivant ! (« Un subterfuge minable ! Mais il me donnera peut-être le temps de trouver une solution. »)
Tous louèrent sa sagesse. Il avait agi avec piété et montré sa science de la loi. Beaucoup de chefs se seraient attiré la colère du dieu de l'arbre hospitalier en suspendant un maudit à ses branches. D'autres l'auraient obligé à marcher avec les captifs-bétail. Un guerrier, même auteur d'un grave délit qui lui fait perdre son nom et le relègue dans les limbes de sa caste jusqu'à réparation, reste un homme. Le crime mérite châtiment. Montrer au bétail qu'un guerrier peut être réduit à son niveau lèse le bon sens et le plan divin. Il devrait même replacer les punis en arrière-garde avant les auxiliaires... Non, il aurait l'air de ne pas savoir ce qu'il voulait. Les punis étaient des hors-caste provisoires. Les troisième caste n'auraient pas admis qu'ils aillent devant eux alors que la punition n'avait pas été levée.
La relégation pour les négligents, les liens pour le fautif, étaient justes. Sur un cheval, même une horrible rosse cagneuse, le coupable restait toujours de son peuple, bien au-dessus de la misérable tourbe des captifs destinés à le servir.

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